Harry Potter : des anciens fans brûlent-ils les livres après les accusations de transphobie à l'encontre de J.K. Rowling ?

La gronde autour de J.K. Rowling, l’autrice de la saga 'Harry Potter', accusée de transphobie, a pris un peu plus d’ampleur ces derniers jours : des vidéos circuleraient sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, montrant des livres 'Harry Potter' mis au bûcher. Quelques célébrités ont d’ailleurs appelé, plus ou moins avec humour, à brûler ces livres, tandis que d’autres se sont révoltés, comparant ces actes aux autodafés pratiqués par les Nazis dans les années 1930.

Une première vidéo a été publiée le 16 septembre sur TikTok par le compte @elmcdo. L’internaute se nomme Jorie. Dans sa vidéo, on voit une pile de livres se consumer, dont on suppose qu’il s’agit de tomes de 'Harry Potter' (seules deux couvertures sont visibles).

Votre amour pour Harry Potter n’est pas plus important que la vie des femmes trans

L’autrice accompagne sa vidéo d’un commentaire : "Vous devez arrêter d’utiliser l’argument 'l’auteur est mort', comme une excuse pour avoir le beurre et l’argent du beurre." Une référence aux débats sur les œuvres de personnalités aux actes répréhensibles, qui sont réguliers dans le monde de la culture (Céline, Polanski, etc.). "Le regard d’un lecteur est une part importante de l’interprétation d’une œuvre, mais il est impossible de dissocier un ouvrage de son créateur", ajoute Jorie.

La vidéaste semble s’adresser directement aux 'Potterheads', les fans de la première heure de la saga : "L’impact positif qu’a eu J.K. Rowling sur des millions de lecteurs n’efface pas tout ce que sa propagande haineuse a fait à la communauté trans", affirme-t-elle, en renvoyant aux multiples sorties de l’autrice de 'Harry Potter'. Depuis décembre 2019, celle-ci avait régulièrement réitéré ses opinions sur le sexe et le genre, sous-entendant que les femmes trans n’étaient pas des femmes à cause de leur "sexe biologique" et leur corps.


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Jorie termine sa vidéo par un plan sur un mug arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT et avec un message clair : "Votre amour pour Harry Potter n’est pas plus important que la vie des femmes trans." Au passage, elle précise qu’elle "ne parle même pas de la grossophobie, le racisme et la valorisation des suprémacistes" dans la saga.

La vidéo est claire sur ses intentions et ses actes : elle met au bûcher des livres Harry Potter.

Mais y a-t-il d’autres exemples de ce phénomène ? Après recherche, il s’avère que seules trois vidéos ont été publiées, comme le recense le magazine NationalFile. Les deux autres ont été partagées sur Twitter (peut-être publiées auparavant sur TikTok), mais ont depuis été supprimées.


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Selon le magazine, l’une d’elles montrait une femme brûler plusieurs pages de livres Harry Potter dans un petit conteneur, puis crier "TERF" (un acronyme signifiant "féministe radicale excluant les trans", devenu péjoratif) sur de la musique. La dernière était similaire : sur fond musical, une femme découpait "de manière artistique" des pages puis les approchait avec une pince d’une flamme créée par un briquet.

Bien que supprimées, ces vidéos n’ont pas manqué de faire réagir. "Brûler des livres. Rappelez-moi où on va avec ça", a notamment tweeté un journaliste du Mail on Sunday. Beaucoup ont fait le rapprochement avec les autodafés, c’est-à-dire l’acte de créer d’immenses bûchers de livres, dans le livre Fahrenheit 451, ou ceux organisés par les Nazis pour détruire des ouvrages jugés "impurs". Certains ont toutefois répliqué que les autodafés nazis avaient causé la perte d’ouvrages précieux et rares, tandis que les livres Harry Potter ont été tirés à 500 millions d’exemplaires.

Et J.K. Rowling dans tout ça ? En mai, l’autrice avait déjà répondu avec sarcasme à l’idée qu’on brûle ses livres : "Oh mon Dieu, j’espère que vous ne le ferez pas, car chaque fois que quelqu’un brûle un livre Harry Potter, les royalties disparaissent de mon compte en banque. Et si le livre est signé, mes dents tombent", avait-elle tweeté.

Dans un tout autre contexte, des livres Harry Potter avaient été brûlés en mars 2019 : en Pologne, un prêtre avait procédé à des autodafés d’objets "associés à la magie et à l’occultisme", dont ces livres ou ceux de 'Twilight'. Il s’était depuis excusé.

Paul Verdeau

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