Gouvernement wallon: "Il serait intéressant d'avoir un casting dit de renouveau", pour le politologue Jeremy Dodeigne

Tous les regards seront tournés vers Ecolo, puisqu'ils se réuniront à 19h dans un auditoire de l’université pour valider le travail des négociateurs. Viendront ensuite la répartition des portefeuilles et le vote sur les noms proposés à la présidence.

Les militants socialistes libéraux et écologistes votent ce soir sur la participation ou non de leur parti dans le nouveau gouvernement wallon et en Fédération Wallonie-Bruxelles

Selon Jeremy Dodeigne, politologue à l’UNamur, en direct depuis Liège sur La Première, "il serait intéressant d’avoir un casting dit de renouveau". "Sans doute qu’on est dans un contexte de méfiance vis-à-vis des partis traditionnels et au niveau de la politique en général. On a eu pas mal de scandales qui se sont déroulés au cours des derniers mois. D’ailleurs, initialement le PS et Écolo avaient négocié, sous la forme du coquelicot, l’idée d’ouvrir la société civile. Donc il avait une volonté de modifier les choses. On verra si c’est bien le cas ici. Mais en tout cas, le casting sera essentiel pour arriver à porter un projet, une DPR, à trois partis. Trois partis qui ont pas mal de difficultés initialement pour se mettre ensemble, pour collaborer avec des militants sans doute — je le rappelle au niveau d’Écolo — qui seront particulièrement attentifs à avoir des ministres, s’ils votent pour, qui pourront défendre leur projet puisqu’à un certain nombre de points de la DPR restent un petit peu ambigu au niveau des dossiers les plus sensibles."

Parité hommes-femmes

Il faudra donc trouver un équilibre entre l’expérience politique et l’ouverture.

"Des personnalités qui puissent porter et défendre leurs dossiers au sein des négociations entre les trois partis. Mais également, il y a d’autres éléments importants qui rentrent en compte puisqu’il faut depuis le nouveau décret régional en la matière, un tiers de femmes dans le gouvernement et par ailleurs les partis sont toujours également très attentifs à satisfaire l’ensemble de leurs différentes composantes, de leurs différentes fédérations, notamment d’un point de vue géographique. Il faut un petit peut donner du côté du Hainaut, du côté de Liège, de Namur, Luxembourg et le Brabant wallon. Donc là, il y a une difficulté spécifique puisqu’en plus il faut tenir compte un peu des réactions de chacun à ce niveau."

Mais il précise: "Tout cela dépendra du nombre final de ministres, insiste-t-il, puisque ça, il y a une certaine marge de manœuvre." 

"On a eu des derniers gouvernements avec six ministres, mais là on était dans des gouvernements où il y avait seulement deux partenaires. Ici on a trois partenaires, de force malgré tout relativement inégales. Si le PS et le MR se tiennent à quelques sièges au niveau du gouvernement wallon, au sein du Parlement wallon Écolo fait presque la moitié du PS. Donc, il faut également garantir cet équilibre en termes de nombre relatif, c’est l’arithmétique électorale. Et dans ce contexte, est bien effectivement garantir une parité, en tout cas historiquement ça a souvent été une difficulté importante. Le décret d’ailleurs ne prévoit que minimum un tiers. On peut aller au-delà, mais c’est le minimum légal à respecter."

V.G. avec La Première

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