Goldorak, Albator, Capitaine Flam, Dragon Ball, Candy : une vente aux enchères exceptionnelle à Bruxelles

"Nous allons présenter des pièces exceptionnelles.

"Nous allons présenter des pièces exceptionnelles." Pour François Meyniel, expert bande dessinée à la maison Cornette de Saint-Cyr, l’événement prévu à Bruxelles le dimanche 25 avril est unique. "C’est la première fois que nous proposerons cela en Belgique." De quoi s’agit-il ? De la vente aux enchères de celluloïds, des "cellos" de dessins animés japonais. Des classiques allant de Goldorak, à Albator, en passant par Dragon Ball, Candy, Heidi, Sailor Moon, Juliette Je t’aime, Cobra, Nicky Larson… Au total, quelque 300 lots que risquent de s’arracher les amateurs du genre.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un cello ? C’est la base du dessin animé à l’ancienne contrairement aux versions modernes réalisées entièrement par ordinateur. Les créateurs peignent à la main chaque image d’un dessin animé sur des feuilles d’acétate de cellulose. Mises les unes à la suite des autres, elles vont constituer un épisode.

Des collectionneurs de 40 à 50 ans

Une fois flashés, les originaux ne servent plus à rien pour les grands studios nippons. "Ils étaient encombrés avec tous ces cellos. Beaucoup de choses ont été détruites, jetées…" Ou rachetées par des amateurs, venus d’Europe et de France en particulier. Pour rappel, Goldorak (Grendizer, son vrai nom) n’a pas connu un énorme succès au Japon, contrairement à celui rencontré chez nous. "Ces collectionneurs ont tous le même profil, entre 40 et 50 ans. Ils ont vécu au Japon dans les années 80 et 90 ou y ont effectué plusieurs séjours lors desquelles ils ont pu acquérir ces cellos…"

Des amoureux des mangas de la première heure bercés par Récré A2 et le Club Dorothée. "Ils ont racheté leur enfance. Au-delà de l’émotion que procure un film que vous regardez", développe François Meyniel, "avec le cello, vous passez à quelque chose de tangible, de matériel. Ici, ce sont des cellos originaux représentant le ou les personnages que vous aimez. Cela crée une émotion forte. Et en général, les amateurs d’animés japonais, qui ont l’habitude de collectionner des jouets, quand ils découvrent ces cellos, deviennent aussi collectionneurs de cellos."

100% de ventes

A ces fans de la première heure, s’ajoute la nouvelle génération qui redécouvre ces héros lors des rediffusions ou a trouvé d’autres figures marquantes. "Goldorak, peut-être que ça ne leur parle pas. Mais Dragon Ball ça les enflamme. Il ne faut pas perdre de vue que l’animation japonaise démarre après la guerre. La production régulière démarre dans les années 50 et s’étale sur 50 ans." Goldorak hier, Naruto aujourd’hui. Le cello d’antan, le digital à présent.

Le marché du cello illustrant Sangoku, Nicky Larson, Ulysse 31, Esteban (les Mystérieuses cités d'or) et tous les autres connaît un véritable engouement chez les tout premiers comme les derniers conquis. A Paris, l’année dernière, deux ventes identiques ont déjà été organisées par la maison Cornette de Saint-Cyr, proposant des cellos mais aussi des objets comme des jouets. "Nous avons totalisé 100% de vente en juin et 95% en décembre. Il y a une vraie demande. Nous l’avons constaté en France. Et nous nous sommes dit qu’il était temps de proposer cela à Bruxelles." Objectif : atteindre un autre public, même celui venu de Flandre et des Pays-Bas.

13.000 euros pour un dessin d’Actarus

A Paris, les prix ont flambé. Un cello datant de 1975 illustrant Actarus dessiné à l’encre de chine et à la gouache, sur fond original gouaché (aux dimensions 24 sur 32 centimètres) est parti pour 13.000 euros (prix de départ : 2000 euros). En raison des restrictions Covid, si seulement 10 candidats acheteurs étaient présents dans la salle de vente, plus de 500 patientaient en ligne. "C’est bien simple : en tant normal, nous n’aurions jamais pu accueillir autant de monde en physique dans la salle de vente."

A Bruxelles, la vente ne proposera que des cellos mais ratissera large pour contenter toutes les générations. "Il n’y aura pas que du Goldorak, du Remi sans famille, du Capitaine Flam, du San Seya… Il y aura de l’ultra-classique mais aussi du moins grand public comme Black Jack, City Hunter, BTX, Galaxy Express, les Petits malins…"

La maison Cornette de Saint-Cyr envisage déjà d’autres ventes sur le même thème dans notre pays.

K. F.

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