Un prix pour récompenser les efforts en faveur des enfants dans les camps en Irak et Syrie

Le prix de la ligue flamande des droits humains a été décerné à Gerrits Loots, un pédopsychiatre et conjointement à l’association des "mères d’Europe".

Gerrits Loots est professeur de l’université flamande de Bruxelles. Il est récompensé pour son travail en faveur des enfants de djihadistes qui vivent dans des camps en Syrie et en Irak. Pour lui, ce prix marque la reconnaissance de son travail et celui de ses collègues, mais aussi des recteurs de l’université : " La VUB m’a soutenu vraiment fort. Il récompense aussi le travail des grands-mères des enfants, et ça c’est magnifique, car l’opinion publique est vraiment contre elles. Mais, elles ont la force de continuer pour leurs enfants, et leurs petits-enfants", souligne Gerrits Loots.

La sécurité de tous dépend de rapatriements rapides

Ce prix est partagé aussi avec les grands-mères de ces enfants. Elles ont formé une association, et elles tentent de convaincre les autorités de rapatrier leurs petits enfants en Belgique. Pour ces grands-mères, c’est une question de sécurité. " La sécurité, c’est de les ramener ici, car tant qu’ils sont là-bas, ils n’ont pas de suivi, pas d’encadrement. Ils n’ont aucune sécurité, et puis c’est la loi de la jungle. Chacun fait un peu ce qu’il veut. On ne sait pas qui décide, on ne sait pas qui commande, et on ne sait pas qui finance. Les laisser là-bas, c’est plus dangereux car moi, je suis convaincue qu’ils vont revenir un jour ou l’autre. C’est peut-être dans un an, dans deux ans, ou dans trois ans, peu importe, mais ils vont revenir. Et à ce moment-là, nous serons face à un problème", assure la porte-parole de ces grands-mères, Nabila Mazouz.

Elle ajoute : "Les enfants ne sont responsables de rien du tout. Ce sont des innocents, et ce sont les premières grandes victimes. Après, il y a les jeunes qui sont partis à l’âge de l’adolescence, autrement dit à un âge immature où on ne prend pas de décisions. Donc, pour moi, ils ont été victimes d’une idéologie, d’un endoctrinement. Donc, on doit venir en aide aussi à ces jeunes-là".

Un dossier dans lequel les experts ne sont plus écoutés

Pour le délégué aux droits de l’enfant, Bernard Devos, attendre n’est pas une solution. La plupart des personnes qui connaissent le dossier, comme Paul Van Tigchelt, le directeur  de l’OCAM ou le Procureur fédéral Frédéric Van Leeuw ne s'opposent pas aujourd’hui aux rapatriements des enfants mais aussi des adultes a précisé Bernard Devos. Car la sécurité chez nous sera de toute manière mieux assurée en Belgique par un encadrement de ces personnes. Pour les enfants, il serait d’ailleurs totalement inefficace pour leur développement de les priver de leur principale figure d’attachement.

L.V. avec P. Michalle

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