Liege 4000

Festival de films Alimenterre: pour plus de souveraineté alimentaire

Retrouvez le festival Alimenterre du 10 au 25 octobre à Bruxelles et en Wallonie. C'est à travers diverses productions cinématographiques engagées qu'Alimenterre fait un panorama de la situation paysanne actuelle et des alternatives à envisager, comme l’agroc-écologie qui, du Nord comme au Sud, a bien du mal à se faire une place au royaume de l'agro-industrie.

Le festival Alimenterre souffle cette année sa 10ème bougie et prendra ses quartiers au Cinéma Galleries à Bruxelles, mais pas seulement! Dans la foulée de sa programmation bruxelloise, l’événement de l’ONG S.O.S Faim proposera également des activités dans sixid villes wallonnes. Durant quinze jours, les organisateurs de l’événement vous proposent de découvrir une sélection de sept documentaires traitant des défis alimentaires rencontrés et de mieux comprendre les conditions des paysans à travers le monde, aussi bien au Nord qu’au Sud. Films, débats, ateliers feront le point sur les désordres agricoles et alimentaires actuels et exposeront au travers de récits et rencontres les alternatives pour relever ces défis à l’échelle locale et mondiale. 

Cet événement prend place en octobre et fait écho à la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée chaque année le 16 octobre sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L'ONG souhaite notamment rappeler que 815 millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde, soit 1 personne sur 9. Alors que les paysans pourraient nourrir le monde, ils sont les premiers à souffrir de la faim, et même à en mourir. Si les principales victimes de la faim dans le monde sont des paysans du Sud, c’est parce que leur niveau de pauvreté ne leur permet pas d’avoir accès à une alimentation qui pourtant existe en suffisance.

L'agro-écologie comme modèle alternatif et durable

Si chez nous, notre assiette a évolué ces dernières années, pour Philippe Baret, président de SOS Faim, bio-ingénieur et organisateur du festival, on est encore loin de la remplir d’une alimentation qui, de la fourche à la fourchette, satisferait pleinement aux critères de durabilité. Pour Philippe Baret, une des solutions pour parvenir à plus de durabilité dans les systèmes de production actuels résiderait dans l'agro-écologie.

Le terme " agro-écologie " s'est popularisé ces dernières années en Europe. Ce modèle, inspiré par les pratiques des paysans d'Amérique Centrale et Latine, apparaît comme un nouveau modèle agricole, alternatif au courant conventionnel dominant et qui défend la notion de souveraineté alimentaire et prône l'idée que les solutions se trouvent dans la nature. Ce modèle datant des années 80 s'appuie notamment sur la relocalisation de la production agricole, la promotion des circuits courts et la culture urbaine, celle des cultures associées... Mais aussi, encourage les paysans à plus d'autonomie : "l’objectif c’est que la ferme fonctionne, permette de nourrir la famille, de redonner une autonomie aux paysans. La plupart des agriculteurs aujourd’hui en Belgique ne savent pas ce qu’on fait de leurs produits : ils vendent du blé, ils vendent du lait, ils ne savent pas où ce blé et ce lait terminent. Ça c’est quand même incroyable de se rendre compte que les paysans qui ont une fonction sociale sont complètement dépossédés de cette fonction sociale."

Enfin, pour le président De S.O.S Faim, il faut amplifier les synergies entre culture et nature: "utiliser des moyens naturels pour lutter contre les maladies des plantes, reboucler les cycles entre production animale et végétale. Pour donner de l'autonomie au paysan, il faut penser son système, pour que le paysan ait les moyens de travailler avec la nature, de créer ces synergies, il faut qu'il soit autonome, parce que le paysan, il sait faire ça, mais il faut qu'on arrête de lui mettre la pression à faire à bas prix, à faire facile, à faire rapide, ça c'est pas possible", conclut Philippe Baret.

En Europe comme ailleurs, une perpétuelle lutte se fait entre d'un côté les initiatives citoyennes qui tentent de se réapproprier l'agriculture et de l'autre; l'industrie qui produit toujours plus, prône la compétition et impose les prix les plus bas. C'est cette dualisation qui est entre-autre dépeinte dans la plupart des documentaires proposés lors du festival, notamment dans "les Champs de la Colère", réalisé en France par Anne Gintzburger.

Le festival a son propre prix!

Ce prix récompense un documentaire de la sélection pour sa force de sensibilisation et son pouvoir de mobilisation.

Outre une récompense financière de 1000 €, le film récompensé reçoit une distribution auprès du secteur associatif belge tout au long de l’année suivante, via les " Projections Alimenterre " auprès des associations, groupes de citoyens, éducateurs, etc.

La remise du prix fait partie de la soirée de clôture du festival à Bruxelles, le dimanche 14 octobre à 19h au Cinéma Galeries.
Cette édition 2018 se déroulera à Bruxelles du 10 au 14 octobre au Cinéma Galeries et empruntera ensuite les routes wallonnes pour se rendre à Ottignies et Louvain-la-Neuve les 15, 18, 19 et 21 octobre, à Arlon les 18 et 23 octobre, à Charleroi le 18 octobre, à Liège du 17 au 20 octobre, à Mons le 23 et à Namur le 25 octobre.

Pour retrouver toute la programmation du festival, rendez-vous sur le site web.


Claire VANDAMME