Schaerbeek 1030

Excédés par les chauffards, des Schaerbeekois manifestent spontanément

Depuis samedi, les riverains de la rue Kessels se donnent rendez-vous à 18 heures pour manifester pacifiquement leur mécontentement. Vendredi, un enfant de deux ans a été fauché dans leur rue par une voiture. Ses jours ne sont heureusement plus en danger et le conducteur interpellé sera convoqué en juin devant le tribunal correctionnel, mais pour les riverains c’en est trop.

On dirait qu’ils vont décoller

"Le bas de la rue Kessels, c’est vraiment une autoroute, s’exaspère Géraldine. Moi j’habite dans une rue qui donne sur la rue Kessels et qui est en descente, et vraiment les gens prennent leur envol, on dirait qu’ils vont décoller ! C’est un jeu, mais ce n’est pas possible de continuer à considérer la ville comme un terrain de jeu, c’est trop dangereux !"

Rassemblement spontané

Alors après ce nouvel accident impliquant un enfant, les parents du quartier se sont dit qu’il était temps de réagir. À 18h00, les membres d’un jardin collectif sont sortis dans la rue et ont sonné aux portes pour proposer aux riverains de manifester leur désaccord avec les comportements dangereux au volant.

"Il y a eu pas mal de répondant et de créativité, raconte Géraldine. Moi qui suis souvent moteur dans les manifestations, j’ai été surprise de voir des mamans face aux voitures qui voulaient passer et qui m’ont dit on y va, on se met sur la route et on les empêche de passer".

Ça va trop loin

Le rassemblement s’est fait masqué bien sûr, et dans la bonne humeur. Les manifestants se sont parfois couchés sur les passages pour piétons, ils ont aussi dansé et chanté. "J’ai été émue face à cette mobilisation, nous confie Géraldine, comme quoi ce n’est pas si irréel de penser la mobilité autrement. Ce n’est pas mettre toutes les voitures ou tous les piétons dehors, c’est vivre ensemble et faire attention les uns aux autres".

Derrière la bonne ambiance de la manifestation, il y a un vrai ras-le-bol bien sûr, mais les riverains ne s’en prennent à personne en particulier. "Je pense que les gens du quartier se disent que ce n’est plus seulement la police qui va nous aider, c’est nous aussi qui devons montrer que ça va trop loin et qu’on n’est pas d’accord", déplore Géraldine.

Déjà en zone 30

La rue Kessels est pourtant en zone 30, comme la plupart du territoire de Schaerbeek, mais cette vitesse est rarement respectée et les habitants constatent beaucoup d’agressivité. Ils espèrent que les amateurs de sensations fortes iront tester les limites de leurs bolides sur des circuits, et non plus en ville. Bruxelles-Ville a d’ailleurs annoncé prendre des mesures pour lutter contre les rodéos urbains.

En attendant, les riverains de la rue Kessels se retrouveront à nouveau à 18h00 ce dimanche et ce lundi pour de nouvelles manifestations pacifiques.

Sarah Heinderyckx

Retrouvez l'article original sur RTBF