Gembloux 5030

Coronavirus en Belgique : examens oraux en ligne, dans les coulisses d'une session 2.0

Les examens du supérieur ont commencé, et se déroulent à distance.

Au-delà des examens écrits, il faut aussi adapter les examens oraux. Les entretiens ont lieu grâce à la visioconférence, et les étudiants, tout comme les professeurs, y voient des avantages et des inconvénients. Exemple à la faculté de Gembloux Agro-Bio Tech, où des futurs bioingénieurs sont en pleine session.

Comment ça marche ?

L’organisation est plus ou moins similaire à celle des examens classiques, comme l’explique Frédéric Francis, professeur d’entomologie. "En fait, au lieu d’attendre dans le couloir, ils attendent dans une salle d’attente virtuelle. Ensuite, je les invite à rentrer dans la salle d’examen virtuelle, un par un." Les étudiants apparaissent à l’écran, l’un après l’autre, dans leur chambre, et répondent aux questions du professeur.

Ce matin, la matière porte sur l’étude des insectes, et il a fallu trouver des solutions pour adapter cet examen. "D’habitude, ils viennent à l’examen avec leur boîte remplie d’insectes. Ici, ils photographient leur boîte et nous partageons l’écran pour pouvoir l’utiliser comme support pour les questions", explique le professeur.

"On s’y habitue"

Depuis le début de la session, Frédéric Francis a rencontré très peu de problèmes techniques… "Et si cela devait arriver, eh bien l’étudiant se reconnecte tout simplement et nous reprenons l’examen", précise l’enseignant. Mais c’est pourtant une source de stress, comme le confirme l’une des étudiantes interrogées ce matin. "Cela ajoute une dose de stress supplémentaire, et lors de l’examen oral, parfois on n’entend pas bien une question", dit-elle.

Mais ce matin tout fonctionne normalement, et l’un des étudiants met même en avant l’avantage principal de ces examens 2.0. " On peut rester chez nous, on ne doit pas se déplacer", dit-il. "On pourrait même se lever du lit et passer notre examen !" Pour le professeur, il a fallu un peu de temps pour s’adapter : "Au début, c’était surtout considéré comme une charge de travail supplémentaire. Mais maintenant que le système est en place et qu’il fonctionne, on s’y habitue… Même si évidemment, on préfère voir les étudiants en vrai", raconte Frédéric Francis.

Et la triche ?

Dans les faits, la triche a l’air difficile à mettre en place durant ce petit quart d’heure d’examen oral. En effet, les questions se succèdent très rapidement, et puis surtout, le professeur voit l’étudiant… Et rien ne lui échappe ! "A un moment donné je vois une étudiante avec un regard très latéral, pas du tout sur la vidéo. Puis les questions commencent à s’enchaîner… Et elle n’a plus l’occasion de regarder son syllabus ou ce qu’il y a à côté et ça redevient normal… Il y a des tentatives, c’est humain", conclut le professeur.

JP

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