Espionnage des vaccins contre le coronavirus : une entreprise belge avait été visée par les mêmes hackers

Les Etats-Unis et la Chine se livrent aujourd’hui une véritable guerre d’espionnage.

Son enjeu : la recherche d’un vaccin contre le Covid-19. Il y a quelques jours, le FBI a ouvert une enquête contre deux pirates informatiques soupçonnés de travailler pour le gouvernement chinois. Parmi les nombreuses entreprises qu’ils ont hackées, une entreprise belge, comme le rapportaient nos confrères du Soir.

C’est comme un roman de John le Carré, mais aujourd’hui, les espions se cachent derrière des écrans d’ordinateurs. Ils s’appellent Li Xiaoyu et Dong Jiazhi. Le FBI les recherche pour espionnage contre des entreprises et des laboratoires du monde entier.


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Samuel Cogolati, député fédéral Ecolo s’est procuré l’acte d’accusation du département américain de la justice. Il y a retrouvé comme 19e victime de ces hackers, une société belge. "Son nom est classifié, nous précise-t-il. Par contre, nous apprenons qu’il s’agit d’une société de high-tech qui s’est fait dérober 142 GB de documents liés à ses activités économiques. La société est liée à la recherche de dynamique des fluides hautement spécialisée."

Un cheval de Troie pour s’introduire dans les serveurs

Alerté récemment par les autorités américaines, le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête sur les faits qui remontent à 2018. Mais pour l’instant, rien ne filtre sur l’identité de la société belge. Pour Olivier Bogaert, ces hackers ont pillé des secrets d’entreprise pendant 10 ans en utilisant une technique appelée le cheval de Troie.

"Ils vont prendre des contacts avec des cadres de l’entreprise qui les intéresse en leur envoyant un message qui va automatiquement retenir leur attention, détaille le commissaire à la Computer Crime Unit de la police fédérale. Ce dernier, soi-disant par sécurité, est crypté. Ils envoient le code pour le décrypter mais dès que la personne ouvre le fichier, elle installe un logiciel malveillant qui va permettre l’accès au serveur de l’entreprise."

Les laboratoires travaillant à un vaccin contre le Covid-19 visés

Pendant les derniers mois, la crise du Covid-19 a concentré l’attention de ces espions sur des laboratoires travaillant à un vaccin contre le coronavirus, comme le confirment les déclarations de John Demers, procureur général adjoint de la sécurité nationale des Etats-Unis : "La campagne ciblait la propriété intellectuelle et les renseignements commerciaux confidentiels détenus par le secteur privé, y compris les traitements, les tests et les vaccins liés au Covid-19".

"L’acte d’accusation, poursuit-il, montre très clairement qu’aucun pays n’est à l’abri. Tout pays ayant une entreprise ou une industrie prospère doit être sur ses gardes et prêt à se protéger."

Nouvelle forme de guerre froide entre Etats-Unis et Chine

Cette affaire n’est pas la seule à empoisonner les relations sino-américaines. Il y a deux semaines, des fumées s’échappant du consulat chinois de Houston en Floride ont attiré l’attention du voisinage. Une vidéo amateur montrait les employés brûlant des documents dans la cour alors que d’autres sortaient par la valise diplomatique.

Le consulat chinois a dû fermer ses portes dans un délai de 72 heures. En représailles, la Chine a occupé ce lundi le consulat américain de Chengdu. Un vrai parfum de guerre froide règne, actuellement, entre les Etats-Unis et la Chine avec, pour victimes collatérales, des universités ou des start-up médicales, européennes ou belges, mal outillées pour se protéger contre un hacking professionnel comme celui-là.

Lucie Dendooven

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