Dinant 5500

En patrouille "couvre-feu" avec la zone de police Haute-Meuse

Comment ont vécu le couvre-feu de ce weekend les patrouilles des forces de l'ordre de la région dinantaise. Immersion avec Frédéric Laloux, commissaire à la zone de police de la Haute-Meuse.

Dans sa voiture banalisée, le commissaire Frédéric Laloux patrouille dans les rues de Dinant. Il est 22h, le couvre-feu débute pour toute la Wallonie. Circuler dans la rue sans motifs valables devient donc interdit. Après quelques minutes à peine, l'officier de garde repère un homme déambulant sur le Pont Charles de Gaulle. Après vérifications, il s'avère être un sans-abri.

Je n'ai pas vraiment de solution à lui proposer, à part lui dire qu'il y a un abri de nuit à Namur. Mais à cette heure-ci, il n'aura même plus de transports en commun. Je ne vais évidemment pas le verbaliser, cela n'a aucun sens.

"On est dans une situation qui n'est pas démocratique et c'est l'urgence qui rend nécessaire ce que nous faisons"  

Pendant une bonne partie de la nuit, la police de la Haute-Meuse sillonne la région dinantaise à la recherche de fauteurs de trouble. Les amendes sont salées: 250€ si vous ne respectez pas le couvre-feu. C'est ce qu'il se passerait à Anhée où une réunion de famille se déroule dans une maison du village. Sur place, ils sont plus d'une dizaine à l'intérieur de l'habitation. Le propriétaire ouvre la porte aux agents, il semble saoûl. Les policiers tempèrent ses ardeurs. Le commissaire Laloux nous explique ce qu'il se passe: 

C'est une famille qui a perdu un proche dans un accident il y a une quinzaine de jours. Le papa du défunt a reçu une partie de sa famille pour tenter de se consoler. Le problème est qu'ils sont tous très imbibés, voire agressifs. Ils vont quitter les lieux donc on devrait avoir résolu l'infraction s'ils obtempèrent. Pour le reste, il y aura des procès-verbaux rédigés. Ils doivent être conscients qu'on n'a pas le choix de verbaliser, même s'ils sont tristes et qu'ils n'ont trouvé que ce moyen-là pour noyer leur chagrin. On est dans une situation qui n'est pas démocratique et c'est l'urgence qui rend nécessaire ce que nous faisons. Même si ça déplait aux personnes et que notre rôle est vraiment ingrat, on doit absolument faire respecter les décisions qui sont prises. 

L'horloge affiche maintenant près de 23h, place aux vérifications des véhicules. Quatre voitures sont arrêtées coup sur coup:

Trois personnes rentraient chez elles avec des motifs valables, deux rentraient du travail et la troisième est tombée en panne. Elle a dû réparer elle-même sa voiture. La quatrième personne affirme ignorer l'interdiction de se déplacer après 22h. Cette excuse ne marche évidemment pas. 

Pour ce premier week-end de couvre-feu entre 22h et 6h du matin, le bilan est relativement bon. Peu d'interventions et d'interpellations à signaler. Le message semble être passé auprès d'une grande partie de la population mosane.

Comment ont vécu le couvre-feu de ce weekend les patrouilles des forces de l'ordre de la région dinantaise. Immersion avec Frédéric Laloux, commissaire à la zone de police de la Haute-Meuse.

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