Berchem-Sainte-Agathe 1082

Élever des moutons en ville, le pari fou d'un Bruxellois

C'est le défi que s'est lancé David D’Hondt, un professeur de Molenbeek, devenu "berger urbain" : élever des moutons à Bruxelles, entre transhumances et pâturages permanents.

En juin 2018, David D’Hondt décide de se lancer dans un projet fou, "Les moutons bruxellois". Il veut créer un élevage de moutons à Bruxelles. C'est ainsi qu'est née l'idée de démarrer une activité d'agriculture urbaine en élevage ovin. Elle a notamment pu voir le jour grâce à une campagne de crowdfunding sur MiiMOSA, la plateforme de financement participatif exclusivement dédiée à l’agriculture et à l’alimentation.

Ce sont 10 agnelles de la race zwartbles qui ont donc quitté Ciney pour Bruxelles en juin dernier. Depuis, le "berger urbain" a su négocier des espaces de pâturage. "Le troupeau est actuellement basé sur une prairie de Bruxelles Environnement située à Anderlecht dans la vallée du Vogelzang. Cette situation est idéale car je peux sortir le troupeau afin d'organiser des promenades. Je devrais aussi pouvoir bientôt profiter, pendant une saison au moins, de l'herbe des prairies du Zavelenberg à Berchem-Sainte-Agathe."

David D’Hondt nous donne des nouvelles de l'élevage. "Après plus de six mois, le projet se porte bien. On commence à voir l'arrivée du printemps et donc, le retour à l'herbe pour le troupeau." Le berger, encore en formation, a décidé de ne pas reproduire ses agnelles cette année pour se concentrer sur l'installation et le bien-être des animaux. "L'objectif, à terme, est d'arriver à un cheptel de 40 à 50 brebis qui devrait permettre de produire plus de laine et, surtout, de proposer une réelle offre de viande d'agneaux bruxelloise."

Un contact bénéfique avec les animaux

Dans le projet de l'enseignant, ce qui est étonnant est le côté "transhumance" de l'élevage. L'éleveur tient en effet à promener le plus possible ses animaux et à les nourrir en chemin. Il est donc possible d'apercevoir dix moutons sur la promenade verte à Anderlecht, vision assez cocasse pour les Bruxellois qui semblent être favorables à l'initiative.

"Le retour est extrêmement positif tant du côté des Bruxellois que des Wallons. Du côté des Bruxellois, les gens rencontrés apprécient la présence de ces animaux en bordure de ville. Un contact direct lors de promenade sur des zones vertes permet de s'approcher des animaux."

C'est justement ce contact quotidien avec les brebis et l'herbe qui intéressait particulièrement le "berger urbain", tout comme une "approche de la nature travaillée par l'homme dans le respect."

David D’Hondt souhaite également mettre en place des projets socioculturels grâce à son élevage. Il a par ailleurs déjà travaillé avec l'aile psychiatrique de l'hôpital Erasme en invitant des adolescents à promener les animaux ensemble.

Bruxelles, une capitale adaptée à l'agriculture urbaine ?

La pratique de l'agriculture urbaine fait de plus en plus d'adeptes en Belgique et à Bruxelles. De nombreuses initiatives voient le jour, comme des marchés bio, des coopératives de producteurs, des plateformes en ligne ...

Pourtant, la logistique et la distribution semblent être des freins à un réel développement. David D’Hondt nous explique son point de vue à ce sujet. "Il reste de nombreuses zones agricoles à Bruxelles, principalement à Anderlecht mais pas uniquement. C'est l'entrée dans la ville qui est plus compliquée. Un troupeau demande un espace d'herbe important. Mais l'accès à la terre reste difficile car des agriculteurs (...) occupent ces terres qui appartiennent souvent à des investisseurs privés ou publics qui ont des objectifs de rentabilité."

Dans ces cas-là, les petits producteurs peuvent heureusement compter sur l'aide d'organisations comme Bruxelles Environnement et Terre-en-Vue qui négocient l'accès à des terres en ville.

 

Pour en savoir plus sur le projet et suivre son actualité, rejoignez la page Facebook des "Moutons bruxellois".

 

Thomas Guiot