Dinant 5500

Dinant: surveiller le nombre de papillons pour diminuer les intrants chimiques

A Dinant, Olivier Rommel pratique l'agriculture raisonnée dans ses Vergers Mosans. En pratique, il n'y a pas d'utilisation systématique de produits chimiques, mais des interventions ciblées.

Dans son verger situé sur le plateau dinantais, Olivier Rommel observe et surveille. C'est la base de travail. Pas question d'intervenir avec des produits à des dates fixes du calendrier. Ici, des indicateurs l'informent de la présence éventuelle de nuisibles. Et, en fonction de ses observations, il interviendra pour combattre ces nuisibles juste au bon moment ni plus ni moins:

On place des pièges avec des capsules à phérohormones qui diffusent les phérohormones de la femelle, quand elle est en recherche d'un mâle. Quand on capture plus de 10 papillons mâles par semaine, c'est qu'il y a un risque pour la récolte. On risque d'avoir des pommes véreuses. C'est alors qu'il faut intervenir. Une fois que les mâles volent, il n'y a que quelques jours pour que l'accouplement se fasse. Tout cela est très rapide. Ensuite, il faut quelques jours pour que la femelle ponde et puis, quelques jours pour que les œufs éclosent et qu'il en sorte des petites larves. C'est à ce moment-là qu'il faut intervenir, en utilisant un produit de lutte, bio ou chimique mais qui va lutter uniquement sur cet espèce de ver qui nous posent problème. 

Autre moyen de lutte intégrée, l'installation de nombreux nichoirs. Les mésanges qui s'y installent sont friandes des chenilles du verger. 

Quand un couple de mésanges s'installent dans le verger, elles se nourissent des chenilles et nourrissent aussi tous leurs petits. Donc, ce sont des dizaines de chenilles qui ne vont pas dans nos fruits et qui sont dévorées par les mésanges. 

En lutte intégrée, la priorité c'est le maintien de l'équilibre. On utilisera donc des produits qui ne vont cibler que le seul nuisible qui pose problème, en laissant le reste indemne. Ce qui est différent des cultures en bio:

Les produits qui sont utilisés en bio sont peu sélectifs. Quand vous utilisez un insecticide biologique, aux extraits de plantes, vous tuez beaucoup d'insectes, beaucoup d'espèces d'insectes différentes, y compris les abeilles, y compris les coccinelles. Vous intoxiquez les vers de terre. Donc, cet équilibre est rompu. C'est difficile, très lent de le remettre sur pied.  

Le cœur de la lutte intégrée, c'est d'intervenir uniquement quand c'est nécessaire, quand les clignotants s'allument, intervenir au bon moment. La production intégrée des fruits à pépins est officiellement reconnue en Belgique depuis 1996. Le secteur est précurseur dans le domaine. Un législation a été élaborée dès 2006 et depuis 2014, la lutte intégrée est un obligation pour tous les types de cultures. C'est devenu le principe de base. L'objectif final étant de tendre vers le zéro pesticide.

A Dinant, Olivier Rommel pratique l'agriculture raisonnée dans ses Vergers Mosans. En pratique, il n'y a pas d'utilisation systématique de produits chimiques, mais des interventions ciblées.

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