Des jeunes coronelles relâchées dans une ancienne carrière pour sauver l'espèce en Wallonie

Vous ne la connaissez peut-être pas, mais la coronelle est une espèce de serpent présente en Belgique au même titre que la vipère et la couleuvre. L’espèce adore se nicher sous les pierres, les rochers, les anciennes carrières ou encore le long des voies de chemin de fer. Mais elle est actuellement en voie de disparition. Son habitat est menacé: "C’est une espèce qui est sur la dernière liste rouge qui vient d’être actualisée. Elle est reprise comme espèce en danger d’extinction sur le territoire wallon", confirme Eric Graitson, biologiste chez Natagora.

Pour éviter son extinction définitive dans le sud du pays, des lâchers de jeunes serpents sont très régulièrement organisés. Ce mardi matin, près de 140 coronelles ont donc relâché dans une ancienne carrière située en région hutoise. A peine âgés de quelques semaines ces serpents ne sont pas très impressionnants comme le confirme Coralie Huberty, cheffe animalière au domaine des Grottes de Han qui abrite le centre de sauvegarde des reptiles : "Ici on a des jeunes coronelles qui ont entre une et trois semaines. Ils font une dizaine de centimètres à peine. A l’âge adulte, elles peuvent faire entre 50 et 70 centimètres."

L’ancienne carrière est un site idéal pour les serpents car il contient tous les ingrédients nécessaires pour se nourrir et se protéger : "On a ici des pelouses sur calcaire avec des milieux rocheux, des éboulis, des tas de cailloux… De quoi avoir à la fois des zones de cache et des zones de chasse puisqu’elle se nourrit notamment du lézard des murailles" détaille Nicolas Delhaye, chef de cantonnement au départ nature et forêts.

Des serpents qui ne sont pas nés ici mais bien dans le centre de sauvegarde des reptiles installés depuis 2017 dans le domaine des Grottes de Han. Au milieu des loups et des sangliers, un espace extérieur a été aménagé pour accueillir les coronelles recueillies : "Les 180 coronelles abritées ici ont été récupérées le long de la voie ferrée Namur-Luxembourg à l’occasion d’un chantier" détaille Dominique Gauthier, soigneuse dans le centre. Elles sont réparties dans une dizaine d’enclos ou elles peuvent évoluer et se reproduire en toute quiétude. Leurs rejetons sont ensuite prélevés pour être réintroduits dans la nature.

Si vous rencontrez une coronelle sur votre chemin, pas de panique. Elle est complètement inoffensive. Si on a tendance à la confondre avec la vipère à cause de sa tache sur la tête, elle n’a pas de venin. Elle peut mordre si elle se sent menacée, mais ne vous injectera aucun poison. Mieux vaut la laisser passer son chemin pour permettre à l’espèce de survivre et maintenir l’équilibre fragile qui existe dans le sud du pays.

Benjamin Carlier

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