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Des milliers de pièces archéologiques de l’Agence du patrimoine wallon inondées pour la deuxième fois à Namur

Avec les pluies à répétition des dernières semaines, des bâtiments ont été inondés à deux reprises. C’est le cas de l’Agence Wallonne du Patrimoine à Namur. Les bureaux de l’institution abritent des pièces importantes, certaines dans un piteux état aujourd’hui.

Le lieu de stockage de ces dizaines de milliers de pièces archéologiques se trouve non loin du Houyoux, la troisième et plus petite rivière namuroise. Avec la récurrence du problème, le choix du site pose question.

De la boue sur plusieurs centimètres, de l’eau dans des centaines de caisses plastiques situées sur des étagères. Et dans ces caisses, près de 250.000 pièces archéologiques généralement placées dans des poches plastiques soigneusement répertoriées et identifiées. Sauf qu’aujourd’hui et pour la deuxième fois à une semaine d’écart, c’est une course contre la montre pour tenter de sauver ce patrimoine : "On trie, on répertorie et on tente de sécher tous ces objets pour éviter qu’ils moisissent", explique Christel Cappucci, responsable de la restauration à l’AWAP. "Je ne peux pas dire que tout sera récupéré. On a des spécialistes qui s’occupent de nettoyer. On fera le bilan après, c’est trop tôt", ajoute Anne-Sophie Barnich, gestionnaire des collections.

Mauvais choix de site ?

Le centre de conservation des biens archéologiques s’est installé sur ce site en 2012. Bien que proche du Houyoux, rien ne laissait penser à de telles crues : "Sur les cartes de la région wallonne, c’est considéré comme une zone avec un risque d'aléas faible. Mais ici c’est hors-norme. On a jugé, je pense, à l’époque que ce centre pouvait rester ici", explique Florence Noirhomme, la directrice scientifique.

Le lieu devait être provisoire et servir de test afin d’évaluer si un site d’une telle ampleur pour le stockage du patrimoine était opportun et nécessaire pour l’administration. Un test concluant qui a donné d’excellent résultat. Mais la localisation devait être provisoire avant de déménager vers un lieu définitif : "On était bien conscients que c’était valable pour une phase test mais pas de façon permanente. La question du risque d’inondation avait été mise sur la table. Personne n’a jamais imaginé de telles crues, aussi hautes et à plusieurs reprises. Rien ne le laissait présager."

Une partie du matériel a été évacuée suite à la première inondation: "On a déjà réussi à évacuer les pièces les plus précieuses d’un point de vue patrimonial ou scientifique à ce moment-là mais aujourd'hui c'est impossible d'évaluer les dégâts". Des entrepôts ont été mis à disposition à Jambes par l’armée. Mais il s’agit encore d’une solution de repli avant d’espérer trouver un site définitif.

Arnaud Pilet

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