Des masques artisanaux pour les aides familiales: "on n'a pas le choix, il y a urgence"

Elles doivent continuer à assurer des prestations vitales auprès de personnes vulnérables. Faute de masques de protections disponibles, elles se tournent vers la couture pour s’en fabriquer.

“On va essayer de faire 1000 masques en tout. Il devrait déjà y en avoir 3 à 400 ce jeudi soir, on va pouvoir commencer à distribuer” estime Marie Arnould, directrice générale du centre familial de Bruxelles, une ASBL qui propose un service d’aide-ménagère et d’aide familiale à un public particulièrement fragile.

Actuellement, si l’essentiel des activités de nettoyage sont suspendues, les prestataires ne sont pas en confinement pour autant. “Les prestations sont maintenues pour les personnes chez qui il y a un besoin vital, pour les personnes très dépendantes”, détaille la directrice, en ajoutant “qu’on essaye d’avoir un contact téléphone avec les autres, afin d’éviter l’isolement”.

Au vu du risque potentiellement très élevé de contamination, en temps normal les aides font des tournées pour se rendre chez les personnes, les mesures de protections strictes et importantes ont été prises pour ces travailleuses (les femmes sont très majoritaires dans le secteur) qui sont en première ligne dans la lutte. Le port du masque de protection est devenu depuis un certain temps une nécessité absolue, seulement voilà, les stocks existants sont réservés au personnel médical, “et c’est bien normal ! Mais dans tout ça, on se retrouve totalement démunies”, se lamente Marie.

Avec ses équipes, elle a donc recours au système D; la fabrication artisanale ! C’est grâce à des conseils disponibles sur le site de la région bruxelloise que la méthode de fabrication a pu être élaborée. Mais les échanges entre acteurs du secteur se sont aussi avérés cruciaux. “Par exemple, on a appris que les élastiques ne résistaient pas au-delà de 90°, on utilise donc des biais en coton qui s’attachent derrière la tête. Au moins, on apprend des tas de choses”.

Les matériaux nécessaires à la confection de ces masques ont été achetés dans un magasin de tissus avant que ceux-ci, comme les autres, ne ferment. Les machines à coudre ont été prêtées suite à un appel lancé sur le groupe Facebook La Schaerbeekoise. Le travail de fabrication, lui, est organisé à la chaîne, différents “postes” ont été créés. L’équipe est composée de huit personnes, des travailleuses volontaires. “On a ce qu’il faut niveau équipement, mais idéalement il nous faudrait deux ou trois volontaires en plus sachant coudre”, ajoute la directrice, déjà très reconnaissante vis-à-vis des diverses propositions de soutien reçues jusqu’ici.

Les 1000 masques devraient être terminés lundi si tout va bien. Les premiers équiperont déjà les prestataires ce vendredi: “cette solution, c’est avant tout une question d’urgence. On aurait préféré ne pas en arriver là”.

R. Duculot