Des bus et métros bondés en temps d'épidémie: il existe des alternatives !

Des bus, des trams ou des métros avec des gens serrés les uns contre les autres à certaines heures : une situation qui inquiète beaucoup de gens depuis plusieurs mois et le début de cette épidémie de coronavirus.

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Le port de l’inconditionnel masque est obligatoire, et d’autres gestes comme la désinfection régulière des mains sont vivement recommandées. La proximité inquiète et se retrouve souvent interprétée comme une promiscuité par les usagers. Pourtant les chiffres des contaminations par lieu sont très faibles en ce qui concerne les transports en commun.

Une enquête de l’Union internationale des Transports publics (UITP) a été réalisée sur base de modélisations venant de l’université du Colorado. Celle-ci affirme que dans un bus ou un métro aéré correctement, le pourcentage de circulation du virus serait toujours de 0% après 70 minutes de trajet où les passagers seraient masqués et ne parlent et ne se déplacent qu’au minimum.

Même des avis scientifiques dans notre pays confirment cette tendance au faible risque dans les transports, aucune source ne permet pour l’instant de vérifier avec exactitude le taux de contaminations dans ces transports publics. Du côté des chiffres donnés par les régions dont l’AVIQ, les précisions et les données manquent.

En raison de l’affluence en heure de pointe, le Ministre-président wallon Elio Di Rupo a annoncé ce matin lors du Comité de concertation qu’il allait : "faire appel à des sociétés privées pour renforcer l’offre en heure de pointe". Avec une réaction immédiate du TEC qui signalait bien que les ressources devraient être extérieures car déjà toutes mises en œuvre lors de ces heures chargées de la journée.

Des alternatives ciblées pour chaque aspect

Face au risque de contamination propre à ce milieu, deux chercheurs (Oded Cats et Alejandro Tirachini) ont réalisé une étude afin de proposer des alternatives. Leur objectif étant d’éviter une congestion du réseau avec une répartition plus homogène des usagers en période de coronavirus, sans pour autant augmenter les moyens.

Tout d’abord une idée sanitaire qui concerne la limitation des interactions. Elle serait celle de limiter l’accès à une station de métro à un nombre défini de personnes en même temps, afin de limiter les interactions et la proximité entre usagers. Et d’une manière moins facile à mettre en œuvre sur un réseau : minimiser les correspondances afin de réduire le nombre de personnes croisées et donc potentiellement contaminatrices.

D’un point de vue tenant plutôt à la gestion des flux deux autres idées sont proposées. Une première qui imposerait aux personnes âgées une restriction horaire avec un conseil sur la tranche de 10h à 16h. Cependant cette restriction paraît très inégalitaire face à des personnes ayant un réel besoin de déplacement pour raison professionnelle ou médicale. D’un autre côté, proposer un tarif plus attractif aux voyageurs lors des heures creuses pourrait permettre de décongestionner le réseau à son pic quotidien.

Une impulsion citoyenne nécessaire

Les deux chercheurs expliquent aussi une nécessité d’adaptation des citoyens pour éviter les regroupements de masse. Ils demandent que les gens évitent de converger vers les mêmes points notamment en matière de courses dans les supermarchés.

Le commerce ou commande en ligne est aussi évoqué afin de réduire les déplacements de chacun, tout comme encourager le télétravail. Des points qui font revenir l’argument de la fracture numérique au pied levé et font reconnaître à cette étude un développement des inégalités dans la capacité à éviter les foules et donc le risque.

Clément Larue

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