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Des artistes simulent un enterrement en espérant éviter le leur à l'avenir

Une fausse tombe dessinée sur le sol, un prêtre comédien à côté pour recevoir les fleurs et les offrandes des artistes.


C'est l'action menée ce vendredi matin par le secteur culturel au Mont des Arts à Bruxelles. Un secteur qui entend rappeler tout son désarroi et sa précarité, alors que pour l'instant, ces artistes et comédiens sont toujours empêchés d'exercer.

Leur cas sera d'ailleurs évoqué cet après-midi au parlement. Une audition de plusieurs représentants du secteur culturel est prévue en Commission des affaires sociales. 

"Il faut des mesures rapides pour nous soutenir", explique Elli, l'une des artistes à l'origine de cette action. "Nous mimons un enterrement. Mais on espère que le secteur n'en arrivera pas là. Pourtant, c'est vrai, il faut reconnaître que la mort rôde sur nous depuis quelques semaines. Beaucoup d'entre nous sont dans la précarité la plus absolue et le temps que les théâtres, les cinémas ou les tournages reprennent, ces gens ne feront peut-être plus partie du secteur culturel. Donc, il y a une inquiétude, une urgence. Il y a ce côté mort, oui, mais on a aussi rajouté un point d'interrogation à la fin sur notre pancarte avec le mot renaissance. Et c'est bien sûr aussi cela que l'on espère"
 

Des centaines de personnes présentes et d'objets sur la tombe

Parmi les principales revendications de ces hommes et ces femmes, l'avenir du statut d'artiste. "Ce statut, pour l'instant, il n'est accordé qu'à certains acteurs, comédiens, intermittents du spectacles selon des critères très strictes. Or, sans ce statut, pas d'accès à des allocations de chômage en temps de crise, comme c'est le cas en ce moment", explique Elli. 

Bon nombre de ces intermittents sont d'ailleurs venus ce matin au Mont des Arts pour le rappeler. Plusieurs dizaines étaient présents sur les marches en fin de matinée. Ils ont chacun déposé un objet culturel sur la fausse tombe. Un objet qui rappelle leur propre parcours, comme une chaussure de danseuse d'un côté, un livre de poésie de l'autre, ou encore un scénario de pièce de théâtre.  

Les organisateurs n'avaient pas demandé d'autorisation spécifique à la Ville et la police a débarqué en fin de matinée pour tenter de disperser le grand nombre de personnes qui se sont rassemblées. 

Bruno Schmitz

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