Début des soldes morose, voire catastrophique

  Les soldes ont débuté ce samedi 1er août.

 

Les soldes ont débuté ce samedi 1er août. Le bilan de cette première journée est morose. Les clients sont rares. Les magasins sont aussi vides qu’un jour de semaine. Le démarrage tardif des soldes, début août au lieu de début juillet, et les récentes règles sanitaires plus strictes ont, semble-t-il, refroidi les consommateurs.

 Au SNI, le Syndicat Neutre pour Indépendants, où l’on a sondé les affiliés, on parle de désastre. " C’est une catastrophe pour les magasins, car les soldes n’ont jamais débuté aussi négativement que maintenant ", nous dit Christine Mattheeuws, la Présidente du SNI. Les clients sont trop peu nombreux dans les boutiques.  Selon le SNI, le chiffre d'affaires dans la plupart des villes est inférieur d'environ 50% à celui de l'année dernière, lors du démarrage des soldes d'été.

La cause, pour le SNI, c’est essentiellement le resserrement des mesures sanitaires décidé par le Conseil National de Sécurité, en début de semaine. Le fait de ne pouvoir rester dans un magasin que 30 minutes et, surtout, de n’être autorisé qu’à pénétrer seul dans un commerce refroidissent les clients.

"Sauf rare exception dans certains quartiers ou centres commerciaux, les membres commerçants de notre fédération font en effet état d'une journée particulièrement morose et décevante, très loin de l'affluence sur laquelle ils comptaient", commente Daniel Cauwel, du SDI, une autre fédération patronale interprofessionnelle. 
 

Des couples interdits de faire les soldes ensemble

Ce constat, Comeos, qui représente aussi les commerces, dont la plupart des grandes chaînes de magasins du pays, le fait aussi. " C’est assez dramatique, nos membres sont déçus. On dirait une journée de semaine sans soldes ", explique Déborah Motteux, la porte-parole de Comeos qui pointe aussi les nouvelles règles sanitaires. " Les clients doivent faire leurs courses seuls. Souvent, ils sont en couple et l’accès leur est refusé. Ils ne rentrent pas dans les magasins et on perd pas mal de ventes. Ce serait bien si l’on pouvait faire les magasins avec notre bulle ", explique Déborah Motteux.

Même critique de la part du SNI qui demande une adaptation des règles sanitaires pour faciliter l’accès aux commerces et sauver la période des soldes. " Les règles sont trop sévères. Dans l’Horeca, il y a la possibilité d’aller manger avec sa bulle, mais pour les commerces, le shopping doit se faire seul. Ce n’est pas très logique ", regrette Christine Mattheeuws et elle ajoute : " Les soldes, cela se fait avec son partenaire, son enfant ou des copines, on sent très fort que ne pas pouvoir le faire est un frein ". Il faut, demande le SNI, que le gouvernement assouplisse cette règle. Sinon, 20% des magasins feront faillite.

Des réductions déjà importantes

Du côté de Comeos, on pointe aussi le démarrage tardif des soldes. Initialement, les soldes devaient débuter début juillet. Une majorité des associations et fédérations défendant les commerçants (mais pas Comeos) avaient plaidé pour ce report. Il s’agissait de laisser aux commerces qui avaient peu vendu pour cause de confinement et de fermeture des magasins de liquider du stock sans devoir casser les prix trop rapidement. Pour Comeos, ce report était une mauvaise idée : " Postposer les soldes aux mois d’août n’était pas une très bonne idée. Aux Pays-Bas, en France, les soldes n’ont pas été déplacés ", explique-t-on chez Comeos.

Dès lors, pour vendre le plus vite possible, liquider les stocks et générer du cash, beaucoup de commerçants semblent prêts à faire des concessions en accordant d’importantes remises dès le début des soldes. Là où, traditionnellement, on pratique des réductions de 30% la première semaine, il n’est pas rare de déjà afficher des remises de plus de 40%. " Une fois que les consommateurs font du shopping, il faut en profiter pour vendre, car ils ne reviendront peut-être pas ", explique Christine Mattheeuws, président du SNI. Elle rappelle aussi que les commerçants font tout pour assurer la sécurité sanitaire des clients dans les magasins.

Demande d’aides supplémentaires au gouvernement

Pour le SNI, le gouvernement devra trouver d’autres pistes pour aider les commerçants et leur éviter la faillite. La plupart des commerçants ont toujours un stock important. Il n’est pas certain que les soldes permettront de liquider ces stocks et de générer suffisamment de trésorerie pour poursuivre l’activité commerciale. Dès lors, le SNI demande que le gouvernement propose des solutions financières. Selon le SNI, la piste fiscale pourrait être explorée en autorisant une déduction majorée pour les stocks invendus.

Jean-François Noulet

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