Aubange 6790

De l'individuelle à l'action digitale, chaque geste compte pour lutter contre le changement climatique

Selon un communiqué de la WWF, depuis le 22 août 2020, nous vivons à crédit sur les ressources que peut nous offrir la Terre. Notre consommation des ressources naturelles équivaut à la production d’1,6 terre. Aujourd’hui, des actions et des solutions concrètes sont proposées afin de lutter contre le changement climatique. Il est encore temps d’agir.

La Terre et tous les éléments qui la composent, interagissent ensemble afin de conserver un équilibre climatique favorable à la vie. Dans cette vision, chaque individu est, par sa nature et par ses activités, l’auteur d’un certain nombre d’impacts négatifs pouvant être nocifs pour l’équilibre des écosystèmes et du climat. Étant donné que "la nature est bien faite", chaque impact nocif produit par l’Homme est sensé être contrebalancé par l'absorption naturelle d'une partie ou de la totalité de ceux-ci. Citons, par exemple, les émanations de gaz à effet de serre sensés être en majeur partie absorbés par les poumons de la terre que sont les arbres et les océans.

Seulement, les activités et les ressources employées actuellement produisent des conséquences trop importantes pour que les écosystèmes puissent être autosuffisants et ainsi rester dans les limites de l’équilibre naturel, par extension de l’équilibre climatique. 

Chaque action compte afin de lutter contre le changement climatique

En Belgique, un grand nombre d’actions et de projets voient le jour afin de sensibiliser à la protection du climat et à celle de l’environnement. Prenons l’exemple de lIncredible Oasis situé à Louvain-la-Neuve. Il s’agit d’une ASBL proposant une multitude d'activités aux entreprises afin de sensibiliser à la préservation de l’équilibre entre l’activité de l’Homme et la Nature. Les objectifs majeurs de cette organisation sont de reconnecter les individus à la nature et aux Autres, d’œuvrer à la conscientisation de l’importance de vivre en harmonie avec nos écosystèmes en les préservant. Afin d’atteindre ces divers objectifs, des ateliers sont proposés sous forme de Slow Team-building ou en accès libre aux membres d'une entreprise: entretenir une permaculture, séances de yoga en pleine nature, coaching en lecture d’étiquettes de produits, mais également espace extérieur de coworking, tout est mis en œuvre afin que la nature reprenne une certaine place au sein de la vie active de l'Homme moderne.

Une vague de bonnes idées sur le terrain mais aussi sur les réseaux sociaux

Depuis un certain temps, à Bruxelles, siège des Institutions de l’Union européenne, des manifestations de grande ampleur en faveur de la protection du climat et du droit à une terre en bonne santé se sont multipliées. Celles-ci ont notamment été marquées par l’action d’étudiants et de jeunes de tout horizon, à travers l’action Youth for Climate, organisée de manière régulière. Une question survient alors : cette génération se sent-elle plus concernée que les autres par le changement climatique ?

Professeur van Ypersele, climatologue à l'UCLouvain: "Ce sont des dizaines de milliers de jeunes, qui ont fait la grève de l’école pour montrer à quel point ils étaient inquiets pour leur futur. Et, je pense, que beaucoup de jeunes sont conscients de la nécessité de changer beaucoup de choses. Non-seulement dans leur vie quotidienne et dans la vie quotidienne de tout le monde, mais aussi dans la manière dont la société est organisée."

La particularité des moyens d’action de cette jeunesse qui bouge pour la planète est comme depuis un certain temps particularisée par des actions sur le terrain. Elle dispose aujourd'hui également de moyens de communication puissants et de grande ampleur que sont les réseaux sociaux et plus globalement internet. La Génération X, la Y et la génération Z, utilisent donc cet outil performant afin de sensibiliser leurs réseaux à grande échelle.

Professeur van Ypersele: " C’est un des outils, il faudrait seulement ne pas croire que c’est le seul mais c’est un des outils important pour communiquer non-seulement à propos de l’urgence climatique, de l’urgence de protéger l’environnement, mais aussi à propos des solutions, de ce qu’il est possible de faire à toutes les échelles, aussi bien individuelles que collectives. "

C’est dans cette mouvance, que l’action #Bethewave s’inscrit sur Instagram. Le Service pour les Actions Extérieures de l’Union européenne, prenant conscience que l’action politique ne suffit pas dans cette lutte et partageant les préoccupations de ces jeunes militants, a lancé un projet de vague de communication positive et actuel qui a pour but de répendre, tel une vague, des actions du quotidien en faveur du climat à travers les réseaux sociaux. Le but est simple, un filtre Instagram vous propose un challenge climatique à réaliser, l’utilisateur l’exécute et le partage ensuite à sa communauté à travers le hashtag #Bethewave.

Cette action, vise entre autres à mettre en valeur l’action individuelle et locale, véritable actrice du changement. Car oui, chaque geste compte et chaque geste intéresse l’un et l’autre dans la lutte contre le changement climatique.

Il s’agit également de conscientiser les personnes de notre entourage à l’importance des impacts de nos modes de vie, de nos modes de consommation sur l’équilibre global du système climatique. Les réseaux sociaux permettent cela et permettent alors également la création d’une vague de sensibilisation à des comportements plus écoresponsables.

Professeur van Ypersele: " L’action utilise les réseaux sociaux qui sont l’un des moyens privilégiés par beaucoup de jeunes pour justement attirer leur attention sur l’urgence climatique mais aussi sur les solutions, donc je pense que c’est tout à fait bienvenu. "

Les conséquences de nos actions en quelques chiffres au niveau belge

Afin de quantifier l’impact que les modes de vie ont sur les écosystèmes, plusieurs indicateurs sont analysés dont deux principaux : l’empreinte écologique et le bilan carbone.

Selon la définition de l'ASBL Coren travaillant dans la coordination environnementale en Belgique, l’empreinte écologique est un indicateur utilisé pour mesurer la surface biologiquement productive de terres cultivée, de forêts, de pâturages, d’eau potable et de ressources des océans dont une personne, une population ou une activité a besoin pour produire les ressources consommées et pour absorber tous les déchets produits.

Il s’agit donc ici de quantifier la pression exercée par l’Homme sur les ressources naturelles. Cette mesure s’exprime en hectares /année/ personne mais peut également s’exprimer en nombre de planètes consommées par personne.

Actuellement, les chiffres communiqués par Coren nous indiquent que l’empreinte carbone moyenne mondiale est estimée à 2,3 ha/an/personne. En Belgique, elle se situe à 7,47 ha/an/personne.

Autre indicateur tout aussi important : le bilan carbone. Sa définition nous apprend qu’il s’agit un outil qui permet de réaliser le bilan de Gaz à effet de serre (GES) et comptabiliser la quantité totale émise. Elle couvre autant les émissions directes engendrées qu’indirectes liées à la production et au transport des biens et services consommés par une activité, une personne, une organisation ou un pays. La réalisation du bilan carbone permet de disposer de pistes concrètes pour initier et gérer la réduction des GES.

En Belgique, toujours selon les données partagées par l’ASBL Coren Coordination pour l’environnement, les émissions s’élèvent à 8,9 tonnes de CO2 par personne contre 4,9 tonnes de CO2 au niveau mondial.

Plusieurs constats sont également alarmants

Selon le dernier rapport climatique de l'Institut Royal Météorologique de Belgique, la température moyenne annuelle en Belgique a augmenté d’environ 1,9 °C depuis 1890. L'IRM tablerait sur un réchauffement des températures moyen situé entre +0,7 °C et +5 °C à l'horizon 2100 si les choses ne changent pas.

Toujours selon l'IRM, les projections actuelles prévoient une élévation de 60 à 90 cm du niveau de la mer sur la côte belge, voire de 200 cm dans le scénario le plus pessimiste.

Les données analysées et récoltées par l’IRM permettent également d’observer une augmentation de la fréquence de vagues de chaleur depuis 1981. Dorénavant, il survient, selon ces mêmes statistiques, au moins une vague de chaleur par an depuis 2015 et leur durée a augmenté de 2 jours par décennie avec une intensité estimée de + 1 °C/jour par décennie.

Interview du Professeur van Ypersele - climatologue à l'UCLouvain

Un message d’espoir, une jeunesse qui bouge

Professeur van Ypersele : " Qu’est-ce qu’on peut faire à notre niveau pour lutter contre la dégradation de l’environnement, lutter contre les changements climatiques?D’abord, regarder dans quelles activités nous contribuons à la plus grande consommation d’énergie. Cela passe par le chauffage des bâtiments, baisser le thermostat, contribuer à l’isolation de son bâtiment… Dans le domaine de l’alimentation également, la consommation de viande exportées contribue aux émissions de CO2. Le choix des transports aussi, si on se déplace tout le temps en voiture tout seul, c’est évidemment beaucoup plus mauvais pour le climat que si l’on prend les transports publics ou que si l’on partage sa voiture. Il y a de multiples domaines dans lesquels nous pouvons agir. "

Tout n’est pas trop tard, il est encore temps d’agir afin que nos successeurs puissent continuer à profiter d’un environnement propice à la vie, dans le respect de l’équilibre naturel des choses et du système climatique.

Professeur van Ypersele: " C’est très bien de dire que l’on doit prendre plus les transports publics ou utiliser plus le vélo, mais s’il n’y a pas de pistes cyclables et pas infrastructures de transport public, c’est très difficile évidemment. Donc il faut aussi, exercer une pression sur les décideurs à une échelle plus collective. Le droit de vote que l’on a dans nos démocraties est quelque chose de très important pour que des changements à l’échelle collective aillent lieu aussi. Mais l’action individuelle est indispensable tout comme l’action collective, les deux se complètent "

Il est donc, a priori, dans l'intérêt de l’Homme de prendre conscience que le changement devrait s’opérer chaque jour, à grande et à petite échelle et dans le plus d’endroits du globe possible, afin que les modes de vie actuels cessent de détruire ce qu'il y a de plus cher à l'être humain, et sans qui nous ne serions pas là, notre planète Terre. Les actions peuvent être considérées comme n’étant que de petites gouttes d’eau dans l’immensité des océans, mais pourtant, ceux-ci sont bien composés d’une multitude de ces plus microscopiques gouttes, sans qui, l’existence même des océans serait alors compromise.

Professeur van Ypersele : "L’avenir est entre nos mains, c’est ça le message clef que l’on doit avoir en tête aujourd’hui, nous avons encore le pouvoir de réduire les émission, de réduire notre pollution, de protéger l’environnement, si nous nous y mettons tous ensemble. "

Maïté Gobert