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De l'impression 3D pour fabriquer des pièces d'avion, une première mondiale chez Safran Aero Booster

L’entreprise Safran Aero Booster a réussi à faire certifier une de ses pompes à huile, en aluminium, et imprimée en trois dimensions; l’annonce a été faite au salon de l’aéronautique du Bourget, à Paris.

L’entreprise Safran Aero Booster a réussi à faire certifier une de ses pompes à huile, en aluminium, et imprimée en trois dimensions; l’annonce a été faite au salon de l’aéronautique du Bourget, à Paris. François Lepot, directeur général de Safran Aero Boosters, l’assure, c’est une première mondiale.  C'est une première mondiale, parce que cette pompe, imprimée en 3D, vole actuellement sur des Airbus A320. C'est une pompe qui a été réalisée en aluminium, sur des machines spécialisées; ce n'est pas les machines que l'on connait et dont on peut disposer chez soi. Mais elles ont la particularité d'être qualifiée, c'est-à-dire de pouvoir voler. Il est facile d'imprimer en 3D mais il est beaucoup plus difficile de prouver que ça fonctionne et d'arriver à passer tous les tests de certification pour pouvoir voler.  

Et c'est bien l'étape que vient de franchir Safran : nous vendons maintenant cette pompe imprimée en 3D, poursuit François Lepot, et nous avons réussi tous les essais et on a pu répondre aux questions des autorités certifiantes.  Et la pièce, qui répond donc à des standards stricts de sécurité, pourrait  remplacer les pièces habituelles de fonderie.

 

M. Lepot a précisé devant quelques journalistes belges que cette pièce en impression 3D réalisée au départ de poudre d'aluminium était "plus légère" mais aussi "plus chère" à réaliser - en raison du prix élevé de la poudre - que son équivalent classique, fabriqué par un procédé de fonderie.

"Nous allons en produire une cinquantaine par an", a ajouté le patron de l'entreprise liégeoise, entré en fonction en février dernier.

Sur le moteur LEAP, Safran Aero Boosters conçoit, développe et fabrique le compresseur basse pression, l'enceinte de palier avant et les équipements d'huile moteur (groupe de lubrification et réservoir).

Ce type de réacteur équipe, dans des versions différentes, la famille Airbus A320neo, le Boeing 737 MAX - le dernier né des moyen-courriers de l'avionneur américain, cloué au sol depuis le 13 mars à la suite de deux accidents survenus avec des appareils de Lion Air et d'Ethiopian Airlines, qui ont fait 346 morts - et le COMAC C919 chinois.

Safran Aero Booster est également présente sur le CFM-56, un autre succès mondial, "jusque fin 2020", sur les moteurs General Electric GE90, GE9X, GEnx, GE Passport, CF34, GP7200 et Silvercrest. Ce qui représente sur les moyen-courriers trois quarts du marché mondial et sur les long-courriers environ 50% à terme.

Plus généralement, M. Lepot a souligné la bonne santé de son entreprise, qui occupe 1.800 personnes - 1.600 en Belgique et 200 dans des filiales aux Etats-Unis - détenue à 67,19% par Safran (France), à 31,03% par la Région wallonne et la Société fédérale de Participation et d'Investissement (SFPI) à 2%. Avec un chiffre d'affaires de 787 millions d'euros en 2018 et un objectif d'atteindre le milliard d'ici quelques années.

En pleine croissance, elle a engagé 130 personnes l'an dernier et compte en recruter une centaine de plus cette année.

La société de Herstal consacre aussi 15% de son chiffre d'affaires à la recherche et développement (R&D) pour développer de nouvelles technologies et "devenir à chaque succès plus incontournable", selon l'expression de son CEO.
 

RTBF avec Belga

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