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Dans l'église Saint-Nicolas de Mons, la Vierge dispose d'une riche garde-robe

Le 15 août, l'Assomption, la principale fête en l'honneur de Marie, mère de Jésus.

L'occasion pour nous de pousser la porte de l'église Saint-Nicolas-en Havré à Mons. Un bâtiment magnifique, récemment rénové et un lieu où l'on vient de découvrir un ensemble hors du commun: une collection de vêtements miniatures destinés à revêtir différentes statues de la Vierge. Deborah Lo Mauro, conservatrice-animatrice du Centre d'Histoire et d'Art Sacré en Hainaut (CHASHa) est notre guide. Elle ouvre les grandes portes d'une armoire de la Sacristie, tire un lourd tiroir et dévoile des petites pièces de vêtements soigneusement rangés et décrit "voici donc une garde-robe de plus de 75 pièces, manteaux, sous robes, robes pour la Vierge et pour l'enfant Jésus, nous avons retrouvé ces vêtements en faisant l'inventaire du patrimoine de cette église Saint-Nicolas à Mons et on a été assez étonnés parce que d'habitude on retrouve l'une ou l'autre pièce textile mais là, 75 pièces qui datent en grande partie du 19ème siècle, c'est assez exceptionnel".  

A l'origine, l'église disposait de cinq statues de la Vierge à l'enfant, il n'en reste que trois aujourd'hui. Cela signifie que chacune de ces statues disposaient de différentes tenues. Deborah Lo Mauro et Katia Martroye, spécialiste de l'art textile, ont passé beaucoup de temps à trier les pièces de vêtements pour tenter de retrouver à quelles statues elles se référaient: "on a regardé les mesures des vêtements - raconte Deborah -, le patronage, l'emmanchure, l'encolure pour essayer de retrouver à quelles statues ils correspondaient, c'est un travail assez compliqué". Les tenues étaient changées en fonction du temps liturgique et en respectant un code de couleurs bien précis. Il y a le bleu azur qui est la couleur traditionnelle de la Vierge mais aussi des couleurs plus rares comme le rose. La tradition de changer les tenues des statues a disparu avec le temps. Comme l'explique Vincent Galante, sacristain de Saint-Nicolas, "on peut attribuer ça au fait que de nos jours, on ne souhaite plus que l'Eglise ait ce caractère ostentatoire qu'elle pouvait avoir autrefois, pour des raisons de retour à la simplicité, on se passe de ce genre de chose mais ce n'est généralisé".

 

Des étoffes luxueuses et des matériaux précieux

Ce qui frappe dans cette garde-robe, c'est le bon état de conservation des vêtements. Ils témoignent de la mode de l'époque et du luxe dont on voulait parer les statues. Velours, dentelles, soie... les étoffes sont précieuses, les décorations également et "surtout ce qui est fils d'or et fils d'argent - fait remarquer Déborah -, l'or s'est beaucoup mieux conservé que l'argent... Parfois on ajoutait aussi des pierreries aux vêtements".

Une livre, une expo et une tenue du 21ème siècle

La garde-robe de la Vierge fera l'objet d'un chapitre dans le futur livre que "La maison de la Mémoire" consacre à l'église Saint-Nicolas. Et à l'occasion de la sortie de ce livre et de l'exposition qui l'accompagnera, en décembre, une nouvelle tenue de la Vierge sera présentée. Une robe brodée, contemporaine qui sera réalisée par Katia Martroye et par Samantha Lo Mauro, styliste et sœur de Deborah. La garde-robe de la Vierge aura ainsi une trace du 21ème siècle.

Renseignements sur le livre "L'église Saint-Nicolas-en-Havré" auprès de "La Maison de la Mémoire", http://www.mmemoire.be/leglise-saint-nicolas-en-havre-a-mons/  

Isabelle Palmitessa

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