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D'Epinlieu à New York, à la découverte du berceau du graff

A la cité d'Epinlieu à Mons, un groupe de jeunes s'initie aux arts urbains depuis plusieurs années : des stages de rap, de deejaying et de graff y sont organisés. Les jeunes graffeurs se sont perfectionnés au fil des années. "Ils ont évolué avec un...

A la cité d'Epinlieu à Mons, un groupe de jeunes s'initie aux arts urbains depuis plusieurs années : des stages de rap, de deejaying et de graff y sont organisés. Les jeunes graffeurs se sont perfectionnés au fil des années. "Ils ont évolué avec un graffeur artiste et ont fait pas mal de performances et de fresques dans la région, explique Radia Boudaoui, coordinatrice de l’Article 27 sur Mons, une des associations partenaire du projet. Mais ils grandissent et prennent chacun leur envol de leur côté. Avec ma collègue de la Maison de Quartier, nous nous sommes donc demandé comment clôturer ce parcours de manière un peu exceptionnelle". L’idée d’un voyage culturel à New York, berceau du mouvement hip hop et en particulier du graff, a vite fait son chemin. Le projet a été soumis aux jeunes il y a un an et demi, "et depuis lors, ils ont travaillé pour le financer et l’organiser".

Un projet financé par les jeunes

Quatre jeunes du groupe ont donc épargné, vendu des bics et des pizzas, organisé une brocante, un concert et une fête de quartier pour récolter les fonds nécessaires pour financer leur voyage. Ils ont également obtenu des subsides de la Ville de Mons, de l’Article 27 et de l’Ambassade des Etats-Unis, qui a apprécié leur dossier. 20.000 euros plus tard, ils se sont envolés pour une semaine vers la Grosse Pomme, avec les deux accompagnatrices du projet. A l’atterrissage, ils sont impressionnés: "Tout est en plus grand. La taille des graffs, la taille des buildings, tout est disproportionnés par rapport à la Belgique", se souvient Grégoire, 19 ans. Sean, 25 ans, a été marqué par le caractère multiculturel de la ville: "On ne sent pas qu’il y a une différence entre les gens, qui viennent du monde entier".

Un programme chargé

Les jeunes ne savent plus où donner de la tête et leur programme de visites est plutôt chargé: le Metropolitan Museum, le MoMa, le Mémorial du 11 septembre sont parmi les escales culturelles obligées. Le Mémorial construit sur l’emplacement des deux tours jumelles les a particulièrement marqués: "Ça nous a mis un coup au moral de voir tous les vestiges de ce jour sombre", raconte Sean. Le reste du programme était consacré à la culture hip hop. Les graffeurs montois ont découvert Harlem, le Bronx, Brooklyn et son quartier de Bushwick, où quasiment tous les murs sont recouverts de graffs plus monumentaux les uns que les autres. "Ce sont des rues complètes, des bâtiments complets, c’est impressionnant"!

Que retirent-ils de ce séjour? "On a vu des artistes du monde entier, avec des styles, des techniques différents. Ça peut nous donner des idées pour de prochaines fresques". Mais New York n’est pas Mons, et si outre Atlantique, les graffs font partie du quotidien et ne choque plus personne, il en va tout autrement ici. "Chez nous c’est encore tabou, là-bas c’est considéré comme de l’art. On voit même des publicités en graff, qui prennent des façades entières. On n’est pas encore près de voir ça chez nous!", constate Sean. Il retire aussi de l’expérience la satisfaction d’avoir mené le projet de A à Z.

Stéphanie Vandreck

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