Crise à Bozar : Jérôme Giersé prend la tête du département Musique dans un vacarme syndical

Le comité de direction de Bozar a décidé lundi de désigner Jérôme Giersé comme directeur du département "Musique", en remplacement d'Ulrich Hauschild, licencié pour des raisons économiques découlant de la crise sanitaire, a indiqué mercredi le palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Le comité de direction de Bozar a décidé lundi de désigner Jérôme Giersé comme directeur du département "Musique", en remplacement d'Ulrich Hauschild, licencié pour des raisons économiques découlant de la crise sanitaire, a indiqué mercredi le palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Cette explication est rejetée par les syndicats en front commun, qui demandent la mise au banc du directeur artistique Paul Dujardin, a défendu en réaction la secrétaire régionale CGSP, Pascale Vallois.

L'économiste et musicien (clarinette, saxo et contrebasse) allemand Ulrich Hauschild a pris la tête du département Musique en 2013. Il avait précédemment participé à la programmation artistique du Konzerthaus Dortmund, du Festival de Salzbourg et du Kunstfest Weimar.

Le fait de mettre un terme à son contrat n'entraînera en aucun cas "une marginalisation de la musique dans le narratif culturel de notre institution", a souligné le comité de direction. Il motive cette décision par le déficit de plus de 2 millions d'euros creusé depuis mars par la crise sanitaire.


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Jérôme Giersé, un organiste, a précédemment occupé la fonction de directeur artistique adjoint de Bozar.

"Ce n'est certainement pas un choix artistique, car Jérôme n'a pas aujourd'hui la stature professionnelle d'Ulrich, et si c'est purement un choix économique, cela fait peur pour l'avenir", estime Pascale Vallois. "Paul Dujardin n'a pas su intervenir dans le département Musique, car M. Hauschild ne l'a pas laissé faire. Le personnel reproche à M. Dujardin de faire du micromanagement", explique-t-elle.

Les tensions avec le directeur ne sont pas nouvelles, mais les syndicats ont aujourd'hui décidé de le cibler plus directement, selon la syndicaliste. "Le département Musique a été décapité et on a hurlé quand on nous l'a annoncé. On constate qu'il y a 11 membres du management qui ont démissionné ou ont été écartés ces 11 dernières années. Le comportement de M. Dujardin est inacceptable, mais il a réussi à se fondre dans l'identité de Bozar", dénonce Mme Vallois.

"C'est le père tortionnaire, le parent maltraitant. Normalement, il ne pouvait avoir que deux mandats, mais la loi a été changée et il a pu continuer. Le troisième mandat s'est terminé pendant la période d'affaires courantes et il est reproposé par le conseil d'administration pour un quatrième mandat. On demande, avec le personnel, que le prochain gouvernement ne le nomme pas", conclut-elle.

 

Belga

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