Dalhem 4607

Cri d'alarme des producteurs locaux : "on était en plein vol, mais le confinement nous a coupé les ailes"

Les petits commerces et producteurs locaux ont la tête sous l’eau. En province de Liège, ils sont plusieurs à tirer la sonnette d’alarme. La crise sanitaire a eu un impact important sur les habitudes des consommateurs, mais pas toujours en faveur des petits commerces comme on pourrait avoir tendance à le croire.

Dans la laiterie de Céline Lambert, à Dalhem, durant le confinement, les clients se bousculaient. Depuis quelques mois, ils sont aux abonnés absents. "Ils sont partis et on ne sait pas où ils sont allés, on imagine au supermarché", s’exclame la patronne de la ferme Qui lait cru, "On a essayé de se questionner pour savoir si on avait une mauvaise communication, si nos produits manquaient de qualité, si on était trop chers au niveau des prix, mais ce n’est pas ça. Donc, on ne sait pas !"

Dans la laiterie de Céline Lambert, à Dalhem, durant le confinement, les clients se bousculaient. Depuis quelques mois, ils sont aux abonnés absents. "Ils sont partis et on ne sait pas où ils sont allés, on imagine au supermarché", s’exclame la patronne de la ferme Qui lait cru, "On a essayé de se questionner pour savoir si on avait une mauvaise communication, si nos produits manquaient de qualité, si on était trop chers au niveau des prix, mais ce n’est pas ça. Donc, on ne sait pas !"

 

Du jour au lendemain, nos chiffres ont chuté.

A Liège, dans une épicerie en vrac, on a fait le même constat. Là-bas, c’est le confinement qui a fait fuir les clients. "On était en plein vol, et je pense qu’on avait encore de beaux jours devant nous, mais le confinement nous a coupé les ailes" affirme Marine Ledoyen, la gérante de l’entre-pot, "Du jour au lendemain, nos chiffres ont chuté. Pendant le confinement, on a seulement eu la visite des habitants du quartier mais tous les clients qui travaillent sont restés chez eux et ne venaient plus en centre-ville. Heureusement qu’on a pu garder cette clientèle de quartier, mais ça s’est étiolé au fil du temps. Les gens sont venus moins souvent, ils ont fait des plus petites courses."

Depuis plusieurs mois, les clients perdus par ces deux actrices du secteur local ne sont pas revenus, probablement parce que leurs habitudes ont changé. Pour Céline Lambert, il est important que les consommateurs soient davantage responsabilisés. "Il faut faire prendre conscience au consommateur qu’il a un pouvoir très impactant. Le petit détour qu’il va faire par chez son producteur local ou par chez l’artisan est très important pour nous"

Le constat est général et touche une grosse partie du secteur, ajoute Marine Ledoyen "C’est un signal et un cri d’alarme que font tous les petits acteurs du local : on ne va pas très bien, le secteur se porte mal et on a besoin d’aide que ça soit de la ville de Liège ou du gouvernement. On est un peu les oubliés de tout ça. On était considérés comme essentiels mais à coté de ça, on ne l'a plus été pour tout un tas de nos clients."

Marie Bourguignon

Retrouvez l'article original sur RTBF