Créer des zones "zéro chômeur" en Wallonie: un système qui a déjà fait ses preuves en France

Créer des zones zéro chômeur, c’est l’un des objectifs de la Wallonie, inscrit dans l’accord de gouvernement présenté lundi par la coalition arc-en-ciel.

Créer des zones zéro chômeur, c’est l’un des objectifs de la Wallonie, inscrit dans l’accord de gouvernement présenté lundi par la coalition arc-en-ciel.

L’intérêt est de remettre des chômeurs de longue date sur le marché de l’emploi. Il faut être sans emploi durable depuis plus d’un an et être résident du territoire sélectionné depuis six mois.

Les besoins d’un quartier et les activités manquantes

En France, à Tourcoing, l’expérience est déjà menée. C’est ce qui a inspiré la Wallonie et Bruxelles.


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Mais comment fonctionne cette zone zéro chômeur ? "On prend d’abord contact avec les chômeurs, puis on leur demande, puisqu’ils sont habitants du quartier, quels sont les besoins de leur quartier, quelles sont les activités manquantes, et ensuite on crée avec eux ces activités", explique Nicolas Devaux, chargé de communication pour la Fabrique de l’Emploi à Loos-Tourcoing.

Ce système repose sur le volontariat et la création de nouveaux services. "Par exemple, la Fabrique de l’Emploi a mis en place un maraîchage urbain, une épicerie solidaire, des services aux habitants, une recyclerie, une ressourcerie et encore plein d’autres choses qui vont être créées dans l’avenir."

1000 emplois en deux ans en France

Et cela fonctionne plutôt bien puisqu’en deux ans, plus de 100 emplois ont été créés pour le projet de la métropole de Lille. "A l’échelle du national, on est à près de 1000 emplois en deux ans également. Je pense donc qu’on peut dire que c’est une réussite."

Une réussite qui s’explique, selon lui, par cet appel au volontariat justement. "L’investissement des personnes et le fait que les activités sont manquantes, tout est à faire. Ça permet donc de vraiment créer de l’emploi, les personnes s’investissent et comme chacun fait ce qu’il a envie de faire, c’est beaucoup plus motivant."

Ils ont donc réussi à combler un besoin qui existait soit dans le quartier où le chômeur habite, soit dans une zone toute proche. De manière plus pratique, les personnes reçoivent un salaire proportionnel au temps qu’ils choisissent de travailler.

"Chacun choisit donc son nombre d’heures et son planning par jour. À partir de là, on reçoit un salaire équivalent et ce salaire ne coûte rien à la collectivité puisque le coût d’une personne sans emploi est reversé à un fonds et ce fonds reverse cette somme sous forme de salaire. Ça ne coûte donc quasiment rien à l’État."

V.G. avec La Première

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