Coronavirus : Noël au ski compromis en Italie, et ailleurs qu’en est-il ?

On le sait, le secteur touristique montagnard a été l’un des secteurs durement touché par cette crise sanitaire. En mars dernier, les stations ont été contraintes de fermer les unes après les autres. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Même si l’incertitude règne, on fait le point.

Parmi les destinations phares pour les adeptes des sports d’hiver, on retrouve la Suisse qui, depuis quelques jours, a d’ailleurs décidé de rouvrir ses stations de ski à sa clientèle régionale avec tout de même des mesures sanitaires strictes comme le port du masque généralisé sauf sur les pistes. Toutes les activités après-ski sont proscrites.

Les forces de l’ordre surveillent que toutes les règles soient bien respectées.

Depuis le 25 octobre, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a annoncé la mise en place de nouvelles mesures sanitaires pour lutter contre la deuxième vague de Covid-19. Parmi elles, la fermeture des stations de ski jusqu’au 24 novembre, une prolongation aurait été annoncée hier soir.

D’après la presse italienne, les remontées mécaniques se situant dans les zones rouge devraient prolonger leurs fermetures pour les skieurs amateurs. Les stations de ski se trouvant dans les zones orange pourraient reprendre du service mais sous certaines conditions plutôt strictes comme :

- Les téléphériques et les télécabines ne pourront transporter que 50% des passagers.

- Limitation du nombre maximum de fréquentation journalière.

- Port du masque obligatoire

Ce plan devait être soumis et validé par le gouvernement.

Finalement, il a été décidé qu’il n’y aurait pas de vacances à la neige pendant les vacances de Noël. D’après la Stampa, le Premier ministre a déclaré que la période de Noël nécessite des mesures ponctuelles. "On ne peut pas se le permettre et permettre toutes les occasions de socialisation de la période de Noël n’est pas possible". Il explique également que le protocole est une chose mais que tout ce qui tourne autour des vacances à la montagne est une autre chose et selon lui, pourrait être incontrôlable. 

La ministre des Affaires régionales italienne, Francesco Boccia, avait déclaré sur une chaîne italienne que les conditions n’étaient pas réunies pour envisager une réouverture des stations de ski. "Les régions ont livré des lignes directrices qui seront discutées lorsque les conditions d’ouverture seront réunies. Aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies, il n’y a pas eu cette discussion. Ce secteur attend, mais comme tous les autres secteurs, il doit avoir la patience de placer l’urgence sanitaire avant tout. Nous évaluerons plus tard s’il y a des conditions pour faire quoi et quand", explique-t-elle.

Toujours d'après la presse italienne, il s'avérerait qu'avec Angela Merkel et Emmanuel Macron, un protocole européen commun soit trouvé.

 

Mais le confinement actuel dans certains pays pousse les stations de ski à redouter le pire. Pour l’heure, aucune date d’ouverture des 350 stations de ski de France n’est prévue.

Le président de la République française, Emmanuel Macron, va s’exprimer ce mardi soir lors d’une allocution radiotélévisée sur un allègement du confinement. La réouverture des stations de ski devrait être à l’ordre du jour.

D’après France Info, les stations de ski françaises espèrent tout de même opérer à une ouverture pour les vacances de Noël, tout dépendra des décisions gouvernementales. En attendant, France Montagnes a déjà anticipé une éventuelle ouverture en proposant un protocole sanitaire à respecter sur les domaines skiables et au sein même des stations.

En cas de réouverture des stations et afin de préserver la santé de tous, il devrait être possible de skier à visage découvert sur les pistes mais le port du masque serait toujours obligatoire dans les zones publiques comme les transports publics, les offices de tourisme, les magasins et chez le loueur de matériel mais aussi dans les files d’attente et sur les remontées mécaniques. La distanciation sociale sera toujours et naturellement de mise.


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Les tests antigéniques, dont les résultats sont plus rapides, font partie des pistes pour pouvoir sauver la saison hivernale. La Haute-Savoie, par exemple, a déjà commandé 20.000 tests antigéniques à destination de ses saisonniers. "L’objectif est de renforcer les protocoles mis en place pour accueillir les skieurs et autres touristes et de garantir les conditions sanitaires nécessaires à la saison hivernale", fait savoir Joël Retailleau, directeur général de l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne dans un communiqué.


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Du côté de l’Autriche, pas de surprise. Les stations sont toujours fermées et pourtant, la station de Pitztal avait été l’une des premières à ouvrir cette année, tout en respectant les mesures sanitaires comme le port du masque sur les remontées mécaniques, les télécabines décontaminées au moyen de sortes de brumisateurs désinfectants ou encore la diminution des navetteurs dans les transports en commun.


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L’étirement des files d’attente garantissant la distanciation sanitaire souhaitée n’a pas suffi, et comme tous ses pays voisins, l’Autriche a également dû se confiner une seconde fois.

En mars dernier, la fermeture des stations de ski a causé la perte entre 1.5 et 2 milliards d’euros pour l’Autriche.

Seuls les professionnels peuvent pratiquer le ski.

"Nous espérons vivement que nous pourrons faire baisser le nombre de personnes infectées et que nous pourrons skier comme avant. Le coronavirus est là et il y aura toujours un virus dont vous ne pourrez pas faire abstraction mais cela deviendra normal car le virus ne disparaîtra pas", explique Anna Griesser, la porte-parole de la société de remontées mécaniques du glacier de Pietzal.

Toutefois, les stations de ski n’ont pas dit leur dernier mot et espèrent reprendre leurs activités en décembre en proposant évidemment des plans sanitaires adaptés pour éviter la propagation du virus. Mais l’incertitude plane toujours.

 

 

 

 

Nesrine Jebali

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