Coronavirus : "On pourrait mieux filtrer nos frontières avec, par exemple, des formulaires", estime Simon Dellicour, épidémiologiste à l’ULB

Le variant britannique du coronavirus a fait ses premières victimes chez nous : quatre résidents de la maison de repos De Groene Verte à Houthulst, en Flandre occidentale, en sont décédés. Au total, on compte 62 résidents, 39 employés et 9 personnes dans les habitations avec assistance qui ont été testés positifs au variant du coronavirus.

Par ailleurs, deux écoles, toutes deux situées en province d’Anvers, ont fermé leurs portes à la suite de la découverte de contaminations, également au variant britannique. Un comité ministériel restreint examinera ce lundi soir les mesures concrètes à prendre pour que les variantes étrangères du coronavirus ne puissent continuer à franchir nos frontières.

Comment faut-il agir face à ce variant ?

Sur le plateau d’A votre avis, Simon Dellicour, épidémiologiste à l’ULB, explique que ce variant est effectivement plus contagieux, par contre, contrairement à ce qui avait été évoqué récemment, il n’infecte pas davantage les plus jeunes que leurs aînés.

"Nous savons que le virus circule aussi dans les écoles, là n’est pas la question. Si l’on considère que l’école est une priorité, il faut analyser la situation épidémiologique dans le reste de la société et à partir de là, nous pouvons décider si nous pouvons laisser les écoles ouvertes. Soulignons par ailleurs que les études démontrent que les écoles ne sont pas des moteurs, elles ont plutôt tendance à 'subir' ce qui se passe dans le reste de la société."

Faut-il fermer les frontières ?

Pour restreindre la propagation du variant, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une fermeture stricte des frontières. Pour Simon Dellicour, l’idée se défend d’un point de vue purement épidémiologique. "On a envie de garder des frontières assez imperméables par rapport aux nouveaux variants, mais aussi pour nous protéger des pays qui contrôlent moins bien l’épidémie. Par contre, d’un point de vue logistique et par rapport à l’Europe, cela semble bien plus compliqué. Il n’empêche, nous pourrions très bien renforcer les contraintes pour traverser les frontières avec par exemple des formulaires."

Pour Anne Simon, médecin hygiéniste du groupe Jolimont, la fermeture des frontières peut sembler séduisante, mais est difficilement praticable. "Le cluster du variant britannique dans une école en Flandre, c’est une famille qui n’a pas respecté la quarantaine. Il est essentiel d’expliquer aux gens qui reviennent d’une zone rouge que cette quarantaine est indispensable."

Vaccin efficace contre les variants ?

Michel Moutschen, chef du service d’infectiologie au CHU de Liège, rappelle qu’il est normal qu’un virus mute, et qu’il mute sans arrêt. "Il faut aussi savoir que lorsque l’on vaccine avec un vaccin de type ARN messager, notre système immunitaire va fabriquer des milliers d’anticorps différents. Donc, il ne faut pas imaginer qu’une simple modification va complètement annihiler la réponse humorale. Il se peut, même si cela n’est pas encore prouvé, que l’efficacité du vaccin soit légèrement moindre, mais rappelons que cette efficacité est, à la base, très élevée, plus de 90%. Avant l’arrivée des vaccins, on se disait que si l’on en créait un avec une efficacité de 70%, cela serait déjà très bien. Pour résumer, rien ne nous dit actuellement que les vaccins ne seront pas eff

Hugues Angot

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