Coronavirus : les autorités planchent sur une définition des voyages essentiels et non essentiels

Sans imposer un confinement aussi strict qu’au printemps, le gouvernement fédéral entend réduire les déplacements des Belges, en tout cas hors-frontières : il planche donc sur la notion de voyages dits essentiels.

La base de travail est une note des experts qui dressent un inventaire, à soumettre ce vendredi au comité de concertation.

Le Premier ministre Alexander De Croo n'a reçu aucune opposition de ses collègues européens à l'annonce que la Belgique s'apprête à interdire les voyages non-essentiels (tourisme, loisirs) jusqu'à la fin des vacances de Carnaval pour éviter d'empirer la situation sanitaire, a-t-on appris à bonne source. Plusieurs pays comme l'Autriche, le Danemark, la Finlande et l'Irlande ont même soutenu cette idée, à laquelle aucun chef d'Etat ou de gouvernement ne s'est opposé ni n'a formulé d'observations.

M. De Croo devrait donc aborder cette question dès ce vendredi avec les entités fédérées du pays dans le cadre du Comité de concertation.

Voyages professionnels vs. voyages privés

La liste serait la plus courte possible. La réduire au strict nécessaire reviendrait à procéder par élimination, un peu comme un alpiniste qui souhaite alléger son fardeau avant le grand départ.

Dès lors, que qualifier d’essentiel ?

Prioritairement, les voyages entrepris pour des raisons professionnelles, dans des secteurs tels que le transport, la santé, la protection civile. S’y ajouteraient les frontaliers et les humanitaires dans l’exercice de leur métier naturellement, des personnes hautement qualifiées dont le travail est nécessaire au plan économique et qui ne peut être reporté. Dans ce dernier cas, les sportifs professionnels sont inclus. Au passage, rappelons que l’Euro de football, à l’heure actuelle, est maintenu dans douze villes différentes, du 11 juin au 11 juillet.

Les motifs d’ordre privé concerneraient des étudiants en stage obligatoire, des chercheurs, des individus qui aspirent à un regroupement familial, des proches parents de mariés ou de défunts. Les raisons familiales invoquées devraient revêtir un caractère impératif.

Vers l’interdiction ?

Le non-essentiel sera-t-il traduit en interdit ? La question reste ouverte, mais une interdiction pure suppose la fermeture des frontières, ce qui paraît plutôt improbable. À tout le moins, les règles seraient renforcées au retour, assorties dans la foulée d’une amende de 250 euros récemment annoncée pour un refus de dépistage.

La possibilité d’une quarantaine portée de sept à dix jours après un séjour de 16 heures à l’étranger (et non plus 48) a déjà été publiquement évoquée. La justification d’un voyage professionnel serait plus stricte.

Autant de propositions, dont nous avons relayé une partie. La question de la fermeture des frontières sera abordée au Sommet européen ce jeudi soir. Par ailleurs, ces propositions seront au menu des discussions de Conseil national de sécurité qui débutera en début d’après midi ce vendredi.

Dominique Delhalle

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