Coronavirus : la pandémie profite à l'e-commerce et à la contrefaçon

Avec le Black Friday, la proximité des fêtes de fin d’année et l’impossibilité d’acheter en magasin, les ventes en ligne explosent.

 Ces ventes qui amènent un flux important de contrefaçons. En cette période, les douanes travaillent à plein régime pour débusquer les produits contrefaits. Ceux-ci portent préjudice aux marques et peuvent aussi représenter un risque pour les consommateurs.

Si la crise sanitaire a conduit l’e-commerce à un record, elle a également dopé le commerce de produits contrefaits. Cette année, la douane belge a ainsi saisi près d’un million de ces articles, une hausse de 143% par rapport à 2019. "Ces contrefaçons nuisent à l’économie, sont mauvaises pour le porte-monnaie et peuvent être dangereuses pour la santé", a averti, jeudi, le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem.

Le consommateur doit être conscient des risques lorsqu’il achète en ligne

 

"Les achats en ligne comportent aussi des risques et je pense qu’il est important d’y accorder l’attention nécessaire" alors que le secteur est en plein boom, a souligné le ministre lors d’une visite dans la zone cargo de Brussels Airport. En 2020, 366 millions de déclarations de commerce électronique pour des achats hors Union européenne ont déjà été enregistrées alors que se profilent seulement les fêtes de fin d’année, a-t-il précisé. Preuve s’il en est qu’en cette période de crise du coronavirus, les consommateurs ont cherché à acheter par d’autres moyens qu’en se rendant dans les magasins, puisque ceux-ci ont été ou sont fermés ou ont fait l’objet de restrictions d’accès.

Il est important de mettre en garde contre les contrefaçons sur internet

Dans ce contexte, "il est important de mettre en garde ceux qui sont moins familiarisés avec tout cela. Ne pas les effrayer, mais les avertir. Car le commerce électronique implique malheureusement aussi la contrefaçon", a poursuivi Vincent Van Peteghem.

Depuis le début de l’année, 16.700 constats de chargements de produits contrefaits ont déjà été réalisés et près d’un million d’articles ont été saisis, pour une valeur économique de plus ou moins 45 millions d’euros. Cela représente une augmentation de 143% des saisies effectuées par les douanes par rapport à l’année dernière. "Une tendance que nous ne pouvons pas simplement ignorer", a estimé le ministre.

Cigarettes, vêtements, jouets, matériel électronique, montres et bijoux

Parmi les contrefaçons les plus fréquentes figurent notamment les cigarettes, les vêtements, les jouets, le matériel électronique, les montres et les bijoux mais de nouvelles tendances se dessinent, comme les masques contrefaits de grandes marques de mode, a de son côté pointé l’administrateur général des douanes, Kristian Vanderwaeren. Pour déceler les contrefaçons, les douanes multiplient les contrôles et ciblent certaines marchandises. Les douaniers savent souvent où regarder et que chercher : "On peut voir ça à des détails. Car les chaussures sont souvent très bien faites. Ici, on voit un peu de colle qui reste. Ce qu’on ne trouve pas sur des produits authentiques. Si on paye 400, 500 euros pour des chaussures, on attend évidemment une finition parfaite", explique Tom, assistant administratif des douanes.

Les contrôles douaniers ne portent pas seulement sur les colis envoyés et reçus. Les douanes recherchent également de manière proactive les sites web qui vendent des produits contrefaits. En 2020, 934 noms de domaines ont ainsi été mis hors ligne, a encore indiqué Vincent Van Peteghem. "Beaucoup d’entre nous ont trouvé le chemin des achats en ligne, mais soyez prudents. Acheter local reste l’option la plus sûre. Il nous faut donc mobiliser les gens à la cause. Si c’est trop beau pour être vrai, c’est généralement que ça ne l’est pas", a-t-il conclu.

 

 

Rtbf, avec Belga

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