Coronavirus: la Belgique met à disposition 11 lits de soins intensifs pour des patients venus de l'étranger

La Belgique met 11 lits de soins intensifs covid à la disposition de nos voisins.

C'est un renvoi d'ascenseur. Il y a quelques mois, lors de la deuxième vague, une trentaine de patients belges avaient été transférés dans des hôpitaux allemands. 

Une proposition prudente 

Jusqu'ici, quatre hôpitaux se sont dits prêts à recevoir des patients étrangers. Il s'agit de la clinique Saint-Jean à Bruxelles, de l' UZ à Anvers et de deux hôpitaux à Charleroi. La demande émane du comité Hospital & Transport Surge Capacity, chargé de répartir les patients dans les hôpitaux pendant la crise. Pour le moment, 11 lits sont disponibles.

Une proposition, plutôt timide donc, étant donné le contexte sanitaire incertain dans notre pays: "On reste très vigilant. On ne va pas aller de manière proactive contacter les hôpitaux étrangers", développe Marcel Van der Auwera, président du comité HTSC. "Mais 11 lits sont à disposition. S'il y a une demande, on pourra y répondre de manière affirmative et on mettra les hôpitaux en contact". [...]

"Nos chiffres ne sont pas optimaux ces derniers jours. Loin de là. Mais en comparaison avec les pays voisins, on est parmi les meilleurs de la classe en ce moment et la pression sur les hôpitaux commence à diminuer. Il y a toujours des patients dans les soins intensifs mais on le fait par solidarité et pour remercier les pays qui nous ont aidés, comme l'Allemagne. La France avait aussi proposé ses services, quand Liège était à bout de souffle lors de la deuxième vague". 

Résultat : le comité en question a posé des balises, des conditions. Les hôpitaux qui pourraient accueillir ces patients étrangers doivent avoir un taux d'occupation de moins de 25 % dans leurs services de soins intensifs covid et cela doit rester soutenable pour le personnel soignant déjà épuisé. 

Une question de solidarité 

La clinique Saint-Jean à Bruxelles figure parmi les quatre hôpitaux: " L'incertitude quant à une troisième vague est toujours là", explique le médecin chef Kenneth Coenye. "Il est clair qu'au niveau des centres de testing on voit que le nombre de patients positifs au covid qui augmente, + 2 % en comparaison avec les chiffres d'il y a 10 jours. Mais l'idée solidaire avec les soignants et médecins d'autres pays européens, cela nous tient à cœur".

"Donc si nous sommes dans la possibilité d'accueillir des patients étrangers et d'alléger le travail pour nos confrères étrangers, on est très content de pouvoir le faire. On a un peu de mou pour le moment au niveau des soins intensifs. Pour le moment, deux patients sont intubés et ventilés dans les soins intensifs, nous avons sept lits de disponibles pour les patients covid".

En tout, une trentaine de patients ont été transférés d'hôpitaux liégeois vers l'Allemagne, lors de la deuxième vague. Deux y sont toujours hospitalisés. Jusqu'ici, la Belgique n'a pas encore reçu de demande de nos pays voisins. 

Aline Wavreille

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