Coronavirus: quel impact sur les stages d'été? L'ADEPS envisage différents scénarios

A l’instar des mouvements de jeunesse qui s’interrogent sur la tenue des camps d’été, l’ADEPS est confrontée à une situation inédite: les stages qui attirent chaque année 30.

A l’instar des mouvements de jeunesse qui s’interrogent sur la tenue des camps d’été, l’ADEPS est confrontée à une situation inédite: les stages qui attirent chaque année 30.000 jeunes en juillet et en août pourront-ils être organisés compte tenu de la pandémie de coronavirus (Covid-19)?

Aujourd’hui, aucune décision n’est arrêtée, mais plusieurs scénarios sont à l’étude. Tout dépendra de l’évolution de la situation sanitaire, ainsi que de la rapidité et des modalités du déconfinement.

"Tout est envisageable, confirme Yves Polomé, le directeur général des centres ADEPS. L’annulation totale, que nous n’espérons pas, ou des annulations partielles. La formule de l’internat est-elle tenable? Les stages en externat tels qu’ils sont habituellement prévus peuvent-ils avoir lieu? Faudra-t-il réduire la voilure? Il y a beaucoup de questions, mais nous n’avons pas de réponse pour le moment. Donc nous sommes en attente."

Comme tout le monde, l'ADEPS se conformera aux décisions du Conseil national de Sécurité.

Beaucoup moins d'inscriptions cette année

Autre question, si les stages sont maintenus, y aura-t-il assez de participants? Pas sûr. L’ADEPS constate dès à présent un écroulement de la demande.

"On a une baisse d’environ 50% des inscriptions par rapport aux autres années. Et c’est un petit peu logique à partir du moment où l’avenir est incertain. Personne ne s’avance à inscrire un enfant sans avoir la garantie que le stage aura lieu, parce qu’il y a un acompte à payer. Les gens se demandent s’ils seront remboursés. Et puis il y a un aspect émotionnel aussi. Est-ce que les parents sont prêts à mettre leur enfant pendant une semaine dans un internat ? Ou à faire côtoyer leur enfant avec d’autres enfants et des moniteurs, même en externat?"

Les parents ont donc besoin d’être rassurés et l’ADEPS s’y emploie, dans la mesure de ses moyens.

"Il n’est pas question de prendre le moindre risque. Si stage il y a, ce sera nécessairement dans des conditions où la sécurité sanitaire est garantie, tant pour les enfants que pour les moniteurs."

Y aura-t-il assez de moniteurs?

Par ailleurs, comme les mouvements de jeunesse, l’ADEPS pourrait aussi être confrontée à un autre problème de taille: l’encadrement des stages qui nécessite l’engagement de 10.000 moniteurs occasionnels.

"Ces moniteurs sont bien souvent des jeunes aux études, explique Yves Polomé. Si l’année académique se prolongeait jusqu’au 10 juillet, ils pourraient nous faire défaut pour l’organisation des activités. Aujourd’hui, ils attendent, mais nous ne pouvons pas leur proposer le moindre contrat tant que nous n’y voyons pas plus clair sur les activités qui pourront avoir lieu. Cette période se stand-by met tout le monde mal à l’aise. Ce que j’espère, c’est que le moment venu, quand nous pourrons les engager, ces moniteurs occasionnels ne seront pas allés chercher des contrats ailleurs."

Un espoir que partagent sans doute de nombreux parents, inquiets à l’idée que les stages puissent être annulés, en tout ou en partie, à cause du coronavirus ou en raison d’un manque d’encadrement. Si les activités sportives de l’ADEPS n’ont pas lieu normalement cette année, ils devront peut-être trouver d’autres solutions pour occuper leurs enfants.

Hugues Van Peel

Retrouvez l'article original sur RTBF