Coronavirus en Belgique : "La situation est très tendue dans les hôpitaux" selon Christelle Meuris, infectiologue au CHU de Liège

64 hospitalisations par jour. Les chiffres des admissions dans les hôpitaux du pays pour cette dernière semaine sont assez préoccupants. Et la situation est particulièrement tendue sur Bruxelles, puisqu’il se trouve qu’un tiers de ces hospitalisations ont lieu dans la capitale.

Les hôpitaux sont pleins, nous explique Christelle Meuris, infectiologue au CHU de Liège.

"On essaie de rattraper le retard lié à toutes les chirurgies qui ont été postposées pendant trois mois. La situation est extrêmement tendue dans les hôpitaux, pas tant à cause des patients covid mais plutôt parce qu’il y a tous les autres… Il faut absolument que la situation se stabilise au plus vite. Un patient covid demande plus de personnel, et s’il est en soins intensifs, il y est pour un certain temps. Ce que nous devons éviter à tout prix, c’est de devoir déprogrammer des suivis et des interventions qui concernent d’autres pathologies à cause du covid".

Mais tous les hôpitaux ne partagent pas le même constat. Aux Cliniques universitaires Saint-Luc par exemple, on estime que la situation est sous contrôle, tant en ce qui concerne les patient COVID-19 qu’au niveau des autres pathologies où rien de notable n’est à signaler pour l’instant 

Pour Yves Van Laethem, porte-parole du centre inter-fédéral de lutte, il ne faut cependant pas paniquer. Selon lui, nous ne sommes pas face à une deuxième vague.

"En mars-avril, on s’est retrouvés avec 1250 lits occupés en soins intensifs et plus de 5500 lits dans autres services des hôpitaux. Là, nous sommes à peu près à 140 lits en soins intensifs et 700 lits dans les autres services. Oui, c’est plus qu’en juillet août… Je pense qu’il s’agit d’une vaguelette et j’espère que nous en resterons là".

Comment expliquer cette recrudescence de cas ?

Il n’y aurait pas de statistique belge qui indiquerait que les bars sont des endroits plus propices à la propagation du virus, explique Catherine Linard, géographe de la santé à l’UNamur, bien que certaines études réalisées à l’étranger aillent tout de même dans ce sens.

"On sait, via le suivi des contacts, que de nombreuses contaminations se déroulent à l’intérieur des ménages, mais nous avons très peu d’information sur les circonstances de transmission pour toutes les autres. Est-ce qu’elles ont lieu dans les bars, au travail ou encore à l’école ? Nous avons très peu de données à ce sujet".

L’école, un milieu favorable aux transmissions ?

Les écoles de l’enseignement officiel sont très peu touchées par le covid, selon Julien Nicaise, l’administrateur général de Wallonie-Bruxelles enseignement.

"Nous ne déplorons qu’une seule école et un internat fermés. En ce qui concerne les élèves et le personnel, nous comptons 145 cas covid ces 8 derniers jours : cela représente 145 cas sur 250.000 personnes. En tenant compte des autres réseaux de l’enseignement, cela concerne une dizaine d’établissements touchés. C’est évidemment compliqué à gérer, mais c’est tout à fait marginal à ce stade. En fait, à en croire les déclarations faites lors de l’analyse des contacts, il semblerait que le virus circule peu à l’école. Les contaminations surgiraient plus souvent en dehors des établissements scolaires".

Hugues Angot

Retrouvez l'article original sur RTBF