Coronavirus : Horeca, couvre-feu, contacts sociaux, télétravail... les nouvelles mesures du gouvernement qui entrent en vigueur ce lundi

A la suite d'un Comité de concertation qui a eu lieu ce vendredi 16 octobre, les différentes parties autour de la table se sont mises d'accord sur les mesures à prendre pour tenter d'endiguer la propagation du coronavirus dans notre pays. Des mesures plus restrictives ont été annoncées dans la foulée par le Premier ministre Alexander De Croo. Nous entrons désormais en phase 4, la phase d'alerte "très grave" du nouveau baromètre utilisé en Belgique pour évaluer le degré de propagation et de dangerosité du Covid-19 dans notre pays.

Alexander De Croo a démarré la conférence de presse de ce vendredi en faisant état d'une situation très grave en Belgique. La situation sanitaire est alarmante. Et, prévient-il, "les prochains jours ne seront pas positifs. Dans les jours qui viennent les nouvelles seront mauvaises".

Le Premier ministre insiste : "les chiffres sont significativement plus élevés aujourd'hui que ce que nous avons vu en mars et avril et sur tous les indicateurs et d'ailleurs souvent ces chiffres continuent d'augmenter voire de doubler". 

Puis, Alexander De Croo a décliné les mesures adoptées à la suite de ce comité de concertation. Un véritable tour de vis pour faire face au coronavirus. Pour l'heure, a rappelé le Premier ministre, "les médecins et les hôpitaux sont sous pression et malheureusement la lutte est inégale par rapport à ce virus". 

Toutes les mesures adoptées entreront en vigueur ce 19 octobre (lundi 23h59 pour le couvre-feu) et pour une durée d'un mois avec une évaluation de la situation à mi-parcours, d'ici deux semaines. 

Le Premier ministre insiste : "nous nous rendons compte que ces mesures sont très dures, voir injustes. Mais malheureusement le virus aussi est injuste, il nous touche tous et en particulier les personnes les plus âgées. Le virus touche notre société de façon particulièrement dure". Et d'ajouter : "mais c'est maintenant qu'il faut agir". 

"Nous faisons aujourd'hui ce pas en arrière pour ensuite avancer tous ensemble" a souligné le Premier, qui évoque "une lutte injuste contre le coronavirus".

C'est ensuite le ministre fédéral de la Santé Franck Vandenbrouck qui a pris la parole pour détailler ces mesures restrictives. Le ton est celui de la gravité mais aussi de l'empathie. "C'est un peu un effet boule de neige qui devient une avalanche", a-t-il dit. Il a aussi expliqué que l'équilibre entre ces mesures était délicat : malgré la situation alarmante, "nos enfants doivent continuer à aller à l'école, nos entreprises à travailler et les gens ne peuvent pas se retrouver dans une solitude profonde". 

Concernant la "bulle" des contacts, chaque citoyen devra réduire le nombre de personnes avec lesquelles il peut avoir des contacts rapprochés en dehors de son foyer. Et cette limite est fixée à une personne par mois. Les contacts rapprochés sont ceux que l’on a sans respecter la distance de sécurité d’1,5 m, et sans porter un masque facial. C’est le fait de pouvoir s’embrasser sans prendre de précautions, par exemple.

Pour ce qui est des contacts plus élargis, dans le respect des règles sanitaires, ils seront limités à quatre personnes. Ces quatre personnes seront les mêmes pour une durée de deux semaines. Cela signifie que vous ne pouvez pas inviter plus de quatre personnes chez vous et que la rencontre doit se faire à 1,5 m de distance ou avec le port du masque.

À partir du lundi 19 octobre, tous les établissements Horeca devront fermer leurs portes pendant quatre semaines. Une décision forte qui a mis du temps à se dessiner. Les discussions autour de la table ont été difficiles, notamment à cause des différences de vues entre le fédéral et les entités fédérées. 

Pour rappel, les cafés et les bars de la Région bruxelloises sont fermés 24h/24 depuis le 8 octobre pour une période d'un mois, les autres régions devront devoir suivre.

Des mesures de soutien tant au niveau fédéral qu'au niveau régional ont été annoncées pour venir en aide aux secteurs touchés. Selon nos informations, on parle d'un plan national de 500 millions d'euros. "Si il y a fermeture, il doit y avoir soutien économique", a martelé le ministre de la santé Franck Vandenbrouck.

Cette mesure entre en vigueur dès le lundi 19 octobre à 23h59 et pour une durée d'un mois avec une évaluation dans quinze jours. 

Le Premier ministre a souhaité touché un mot au secteur : "les personnes qui travaillent dans l'Horeca le font avec conviction. Et ces mesures ont pour but d'éviter le pire. Mais je me rends compte que pour ces entreprises, ces mesures sont injustes. Pour ces entreprises, nous allons prévoir de doubler le droit de passerelle pour ceux qui sont obligés de fermer leur portes, nous prévoyons les reports de paiements et une exonération provisoire aux cotisations ONSS".

Parmi les mesures prises à l’issue du comité de concertation, il y a aussi l’obligation de recourir au au télétravail quand celui-ci est possible. C’est l’une des solutions fortes mises en avant par les autorités pour tenter d’enrayer la progression du Coronavirus. Désormais, les entreprises sont obligées de généraliser le télétravail partout où c’est envisageable.

La volonté des autorités est de limiter le nombre de personnes présentes sur les routes, et surtout dans les transports en commun, aux heures de pointe. 

Il y a également le baromètre de la situation épidémiologique en Belgique. Au départ, il était prévu qu'il soit représenté par des codes "couleur" avec une phase verte, jaune, orange et rouge. Mais finalement, il s'agit de niveaux de un à quatre (pour le moment).

Selon la VRT, les couleurs ont été abandonnées afin de ne pas créer de confusion avec les codes de couleur dans l'enseignement

Chaque niveau correspond correspond donc à une situation épidémiologique et à son lot de mesures. Vu la situation actuelle, nous sommes actuellement dans le niveau 4, le plus critique (pour le moment).

Pour l'heure ce baromètre n'est pas définitif, d'autres éléments doivent entrer en compte. Le baromètre complet devrait être présenté d'ici le vendredi 23 octobre.

C'était avec une certaine appréhension que le secteur culturel attendait ce comité de concertation de tous les dangers. 

Finalement, aucune nouvelle mesure n'a donc été prise. Un soulagement pour le secteur, mais un soulagement relatif car la situation sera (ré)évaluée ce vendredi 23 octobre. D'ici là les règles actuelles demeurent en vigueur.

Il en va de même pour les activités sportives.

Pour le secteur événementiel, le statu quo est également d'application. 

Les activités non couvertes par les protocoles sont limitées à 40 personnes. La consommations de boissons et de nourriture sur place est interdite.

Les marchés et petites foires (maximum 200 personnes) resteront ouverts conformément aux règles existantes. Les marchés aux puces, brocantes, marchés annuels, marchés de Noël et les villages d'hiver seront interdits.

RTBF

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