Soignies 7060

Continuer à faire vivre les vieux coucous

Un vieux bus rouge de 1965 attend les visiteurs devant le dépôt de Casteau. Aujourd’hui, il transportera des curieux venus voir les ancêtres, comme lui, parqués sur l’esplanade. Il se souvient de la bande de passionnés qui ont entretenu ses carrosseries et son moteur. Mais aujourd’hui, il écoute les commentaires de ses passagers. Il sourit quand il entend les souvenirs remonter à la surface. Comme cet homme âgé de 76 ans qui explique que "c’est d’abord l’odeur qui remonte comme un souvenir. Ensuite les vibrations du bus, les matières, les banquettes. Je me souviens d’avoir voyagé dans un de ces engins. Remonter dedans c’est replonger dans ma jeunesse. Quand on n’avait pas de voiture et qu’on partait travailler en bus."

Le vieux bus se souvient de sa fabrication dans les ateliers à Bruxelles. On faisait encore tout en Belgique à l’époque. À part peut-être la boîte de vitesses semi-automatique qui venait d’Angleterre. Il se souvient aussi des filles qui devaient s’asseoir à l’avant et les garçons dans le fond. Sacrés veinards ceux-là ! Le moteur du bus est situé à l’arrière juste sous les pieds des voyageurs. Alors en hiver, ce sont eux qui avaient le plus chaud. C’est directement la chaleur du moteur qui s’engouffrait dans l’habitacle.

Henry Maillard fait partie de l’association Patrimoine Bus & Cars. C’est lui qui conduit aujourd’hui. Et le vieux bus sent bien qu’Henri a parfois du mal à maîtriser les trajectoires. C’est qu’elle n’a pas de direction assistée cette baleine de métal. Parfois, Henri doit se mettre debout pour mettre de la force dans le volant. Et puis ce petit écriteau "Interdiction de fumer et cracher" fait aussi comprendre au vieux bus qu’il vient d’une autre époque. Ah, quelle corvée ça a été de décoller tous les chewing-gums collés sur les sièges !

Pour pouvoir transporter des passagers, le vieux bus doit passer au contrôle technique tous les six mois. Et il remercie tous ces passionnés de l’asbl qui s’occupent de lui. Des passionnés qui cherchent d’autres compagnons mécaniciens ou carrossiers pour continuer à faire vivre et à faire rouler leurs petits protégés.

Mathieu Van Winckel

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