Forest 1190

Cloé du Trèfle redonne une seconde vie pleine de perspectives à de vieux vinyles

Artiste pluridisciplinaire et engagée dont les activités ont temporairement été freinées pour cause de pandémie, la Bruxelloise a créé des objets de décoration représentant notamment la « skyline » de plusieurs capitales célèbres découpés dans de vieux 33 tours.

Auteure, compositrice et interprète à la voix aussi douce et envoutante qu’un marshmallow ayant délicatement fondu sur un feu de camp, Cloé du Trèfle a pour habitude de multiplier les activités musicales et artistiques dans des domaines diversifiés. Outre ses créations personnelles, qui lui ont valu une belle renommée en Belgique mais aussi par-delà nos frontières, elle prête habituellement sa créativité pour composer des musiques de films ou de pièces de théâtre voire des DJ sets urbains qui vous transportent dans son univers très particulier.

Également professeure-conférencière de conception sonore à l’ESAC (l’Ecole supérieure des Arts du Cirque), cette artiste bruxelloise en perpétuelle ébullition vient d’ajouter tout récemment, à l’occasion du dernier semi-confinement de fin d’année, une corde intéressante à son arc puisqu’elle propose désormais des objets de décoration réalisés à partir de vieux vinyles. " En 2020, j’avais obtenu une bourse de la part de ma commune de Forest pour proposer un juke-box mobile qui devait me permettre de proposer plusieurs sets dans la rue, nous raconte-t-elle dans son atelier. Malheureusement, ceux-ci ont dû être reportés par la faute du Covid-19 mais, suite à cela, des voisins m’ont donné tout un tas de vinyles qu’ils avaient retrouvés dans leur cave. Cela tombait plutôt bien : je les collectionne, m’en servant parfois aussi pour décorer mon intérieur. Dedans, il y avait quelques belles pépites mais je me suis également rendu compte que j’avais reçu des caisses avec des pochettes abimées, des disques griffés. Rien que l’idée de devoir en jeter certains me faisait mal au cœur et je me suis dès lors demandé s’il n’y avait pas moyen d’en faire quelque chose. De leur donner une seconde vie, en quelque sorte. "

Une matière malléable, des créations très « vintage »

En s’inspirant de ce qu’elle peut trouver à gauche et à droite sur internet, Cloé du Trèfle imagine alors plusieurs moyens de réutiliser ces vinyles, de leur conférer une nouvelle fonctionnalité : elle imagine et crée donc des cale-livres, des plats à sushis, des plateaux à fruits qu’elle façonne avec ses mains délicates, en expérimentant différentes techniques. Si les premiers résultats ne sont pas forcément réussis, elle parvient, à force de patience et de persévérance, à proposer des prototypes surprenants, desquels se dégagent un charme tout particulier, très " vintage ". " Assez rapidement, je me suis rendu compte que les vieux vinyles présentaient l’avantage d’être extrêmement malléables quand on les fait fondre avec de l’eau chaude ", nous explique-t-elle en montrant fièrement certaines de ses créations.

Petit à petit, profitant des temps libres qu’il lui reste entre deux répétitions, Cloé du Trèfle étend sa gamme de créations, détourne adroitement l’image de " la petite fille au ballon " du célèbre graffeur Banksy, imagine d’autres pièces décoratives plus ludiques représentant la silhouette d’animaux (chauve-souris, renards, chats…) ou de robots dont elle fait des appliques murales très originales... et fort recherchées. Via le bouche-à-oreille, elle se rend compte que des amis, puis des gens qu’elle ne connait pas forcément, sont intéressés pour s’approprier ses créations. Du coup, elle décide de les mettre en vente, non pas pour en faire une activité principale mais bien complémentaire à petite échelle parce que " mon vrai métier, c’est d’être musicienne ", comme elle aime à le rappeler.

Bruxelles, New York, Paris, Londres ou Rio par procuration

Fourmillant sans cesse d’idées, Cloé du Trèfle en fomente une de plus, assez géniale et pleine de perspectives, fin décembre. Possédant chez elle une photo représentant la " skyline " (NDLR : la ligne d’horizon) bruxelloise symbolisant ses monuments le plus célèbres, elle tente de s’en inspirer en découpant celle-ci sur les vieux 33 tours qu’elle continue à récolter à gauche et à droite. " Avec l’aide d’amis ingénieurs qui possèdent des découpeuses lasers high-tech au sein d’un espace " fab-lab " au sein duquel ils aiment faire des partenariats avec des artistes, on a d’abord testé différentes méthodes pour voir si c’était techniquement possible, poursuit Cloé du Trèfle. D’autant qu’il fait une certaine finesse pour découper certains détails mais, globalement on a trouvé assez rapidement la parade. La première série qu’on a réalisée, je l’ai écoulée en une heure via ma page Facebook. Des magasins se sont également montrés intéressés, ce qui fait qu’on a fait de nouvelles séries de pièces uniques et originales que l’on peut commander via ma page " Cloé a plus d’un 45 tours dans son sac ", que j’ai créée pour l’occasion. "

Pour varier les plaisirs et diversifier son offre dans le cadre d’une série qu’elle a judicieusement appelée " Voyage par procuration ", Cloé a déjà réalisé la " skyline " d’autres villes comme Paris, New York, Londres et Rio de Janeiro. Avant, peut-être, d’imaginer en faire pareil avec Berlin, Rome ou des chaines de montagne.

Pour plus d’infos, rendez-vous sur la page Facebook " Cloe a plus d’un 45 tours dans son sac "

 

VINCENT JOSÉPHY