Choucroute, baiser de minuit, étrennes... d'où viennent toutes ces traditions du nouvel an?

D'où viennent toutes les traditions du 31 décembre? Comment a-t-on fixé cette date là pour marquer le passage à l'an neuf? Éléments de réponses avec Françoise Lempereur, maître de conférences spécialiste du patrimoine immatériel à l'Université de Liège.

D'où viennent toutes les traditions du 31 décembre?

Comment a-t-on fixé cette date là pour marquer le passage à l'an neuf? Éléments de réponses avec Françoise Lempereur, maître de conférences spécialiste du patrimoine immatériel à l'Université de Liège.

31 décembre

"Le tout début janvier a toujours été une période spécifique," explique Françoise Lempereur. "Il y avait surtout une période magique entre le 25 décembre, orienté par les catholiques, et le 6 janvier."

"Ces 12 jours ont donc été fixés avec un calendrier catholique", développe-t-elle, "mais au départ ils n'ont absolument rien à voir. Ces 12 jours sont une période de transition puisque c'est la différence entre l'année solaire et l'année lunaire. Le cycle de la Lune et du Soleil sont différents et il y a 12 jours flottants. Pendant ces 12 jours, il y avait énormément de traditions autrefois, des traditions soit pour prédire l'avenir, soit pour s'assurer le bonheur. Comme s'embrasser sous le gui. Au milieu de la période, il y a évidemment la nuit du 31 décembre au 1er janvier, la Saint-Sylvestre. Cette nuit magique a toujours été très importante pour nos ancêtres. "

S'embrasser sous le gui

Pourquoi s'embrasse-t-on sous le gui pour s'assurer le bonheur? "Parce que c'est une plante qui reste verte, comme le sapin de Noël d'ailleurs", explique Françoise Lempereur. "Ce sont des plantes qui rassurent parce que nos ancêtres avaient très peur de cette nuit, de ce passage. Maintenant on va repasser dans les jours qui augmentent, donc on revit".

Les étrennes

Les étrennes, ce sont ces présents/argent reçus à l'occasion du nouvel an. "Il y avait surtout des tournées de quêtes qui se faisaient de porte à porte dans la rue, dans les villages, dans les quartiers, etc. Et ça revient un peu", explique Françoise Lempereur. "Dans la région de Spa notamment, on a remis un peu cette coutume, mais elle n'a jamais été perdue puisqu'à Malmedy, par exemple, il y a encore des enfants qui vont visiter les maisons avec un habit de rois mages et une étoile". 

"Il y a toute une série de quêtes et de traditions qui se font donc essentiellement avec les enfants, mais autrefois c'était surtout des mendiants qui faisaient cela", ajoute Françoise Lempereur. "Il ne faut pas oublier aussi actuellement des éboueurs ou des facteurs. Autrefois, il y avait les crieurs publics, les veilleurs de nuit, les allumeurs de réverbères. Les allumeurs de réverbères allaient de porte en porte et cette quête était accompagnée de chants. C'est ça qui est agréable évidemment."

L'assiette de choucroute

Le 1er janvier, il est de tradition de mettre une pièce sous l'assiette de choucroute à Liège, ou de la manger avec une pièce dans la main. "C'est pour s'assurer d'avoir de l'argent toute l'année. Donc, c'est une manière à la fois de prédire l'avenir et de souhaiter le bonheur, d'espérer en avoir", explique Françoise Lempereur. "Ca vient réellement des pays germaniques et surtout de la zone qui nous entoure, la Rhénanie-Palatinat."

Pourquoi consommer du chou? Parce qu'après un banquet bien arrosé, c'est tout à fait bénéfique. "Le suc du chou a un effet bénéfique sur le foie", explique Françoise Lempereur. "Les Égyptiens, avant un banquet prenaient souvent du chou bouilli, les Grecs prenaient une feuille de chou crue, etc. Chez les Germains, évidemment, il y avait toute cette tradition du chou. Donc, cette choucroute est finalement une bonne chose, puisque ça remet les idées en place."

RTBF La Première

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