Charleroi: le CHU lance une application de surveillance à distance pour les insuffisants cardiaques

Mesurer sa tension, sa fréquence cardiaque ou encore son poids chez soi, puis envoyer ces données instantanément à l’hôpital via un smartphone: c'est ce que le CHU de Charleroi propose à ses patients depuis le début du mois d'octobre.

Ces examens, si ils sont effectués quotidiennement, permettent une meilleure prévention pour les patients atteints d'insuffisance cardiaque. 

"Dans le monde actuellement, la télésurveillance est en pleine expansion, et c'est une méthode qui apporte un vrai plus dans le suivi des patients souffrant d'insuffisance cardiaque", explique Nathalie Ngo Mandag, cardiologue au CHU de Charleroi. "Plusieurs études montrent que la télémédecine permet de diminuer le nombre d’hospitalisations et améliorer la qualité de vie".

Des rappels quotidiens 

Les résultats sont relevés par une équipe de cardiologues à l'hôpital, qui peuvent ensuite adapter le traitement ou mettre en place des consultations d'urgence si nécessaire. Le système requiert une collaboration importante du patient, rappelé à l'ordre s'il n'est pas assez assidu. 

"Si, par exemple, à midi je n'ai pas rentré les paramètres qui étaient convenus, je reçois déjà un premier sms de rappel", explique Dominique Duhayon, directeur d'Intersysto, l'entreprise qui a développé l'application, intitulée "3S Homecare - Patient App". "Cela permet de s'assurer que les examens sont effectués, et d'avoir un suivi rapproché du patient".

La "télémédecine" pourrait intégrer d'autres services du CHU

Au total, 24 patients du CHU ont déjà franchi le pas, et l'objectif est d'en convaincre 50 d'ici au mois de mars. Pour l'instant, il s'agit d'un projet pilote, qui s'étale sur un an. S'il est concluant, la télémédecine pourrait être intégrée à d'autres services de l’hôpital. 

"Il s'agit d'un premier projet qui va nous permettre d’élaborer les bases de la plateforme, l'organisation, les aspects techniques et sécuritaires, mais aussi le fonctionnement en interne", explique Michel Devilers, membre du service biotechnologie de l'ISPPC (l'Intercommunale de Santé Publique du pays de Charleroi, qui chapeaute le CHU). "L'étape suivante, ce sera l'intégration d'autres services comme la pneumologie ou la maternité". 

Si le projet s'avère prometteur, un appel d'offre sera lancé en octobre 2020. Le coût du système pour le patient s'élèverait quant à lui à 20 euros par mois.
 

RTBF

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