Ce youtubeur belge a récolté plus de 25.000 euros et les a distribués à des SDF

À Bruxelles, Liège et Charleroi, ce youtubeur belge a distribué des enveloppes de 500 euros à des personnes SDF.

Pour cette action, il a décidé de se faire accompagner par des associations du secteur, parce qu'"une somme comme celle-ci peut aussi bien faire sortir quelqu’un de la rue, que de l’enfoncer".

La chaîne "Would you react ?" de Jonathan Lambinet compte plus de 800.000 abonnés et traite de nos réactions face à des situations de harcèlement de rue vis-à-vis des femmes, d’abandon d’animaux sur les autoroutes ou de danger de noyade à la piscine.

Pour une nouvelle vidéo, Jonathan s’est penché sur la situation des personnes sans-abri : "Il y a un décalage énorme entre ces gens qui sur les réseaux sociaux disent qu’il faut s’occuper des SDF, mais concrètement que fait-on quand on les voit dans la rue ? On ne leur dit même pas bonjour. Au-delà de l’argent, on voulait rappeler l’importance du lien social."


►►► À lire aussi : "Would you react ?", découvrez la chaîne qui dénonce les lâchetés ordinaires


De petits dons

1500, puis 12.000 et maintenant 14.000 : au total, la chaîne "Would you react ?" a déjà récolté 27.500 euros qu’elle redistribue par coupure de 500 dans sa dernière vidéo. L’objectif est d’arriver à 50.000 euros récoltés.

Il s'agit quasi exclusivement de dons individuels : "De petits dons de la part des jeunes et les adultes versent des sommes un peu plus importantes. Ce ne sont pas des gens qui ont beaucoup de moyens, des gens au chômage. Je trouve ça incroyable : une dame a donné 10 euros alors que c’est son salaire horaire. Elle a donc travaillé une heure pour quelqu’un d’autre."

Voici la dernière vidéo publiée par "Would you react ?"

Faire appel aux associations pour distribuer l’argent au mieux

Mais, 500 euros, ce n’est malheureusement pas un montant suffisant pour quitter la rue : "500, c’est une somme intermédiaire entre rien et deux mois de caution et un premier loyer. Il faudrait 1500. Mais il faut savoir qu’il y a des SDF qui ont un peu d’argent de côté, donc certaines sommes permettent de compléter ce qu’ils ont", explique Jonathan Lambinet.

Pour Pierre Ryckmans de l’association Infirmiers de rue qui vise à trouver des logements aux sans-abri à Bruxelles, "il faudrait oser leur donner 2500 euros" : "Avec ça, vous pouvez vous trouver un appart et commencer des démarches pour avoir un revenu. Il y a des gens qui pourraient profiter de ça. Mais, nous, on travaille avec des personnes qui sont très loin dans la désinsertion et dans les addictions. Du coup, c’est vrai qu’on imagine mal nos patients avec ces sommes-là."

Puis, les risques pour les personnes SDF existent, comme celui de se faire voler : "Les gens en rue se font dévaliser, agresser, cela peut être dangereux pour eux cet argent", avertit Pierre Ryckmans.

"Would you react ?" a ainsi décidé de passer par les associations du secteur pour être aiguillés au mieux : "Eux ont déjà la confiance et peuvent nous rediriger vers des personnes qui vont pouvoir s’en sortir. Car il y a des gens qui risquent de consommer cet argent dans la drogue. Ils le disent parfois eux-mêmes : ne me donnez pas". Alors, les associations gèrent pour eux et l’investissent dans leur logement via le programme "Housing First".

"Il y a des SDF qui ont de l’argent, mais qui ne trouvent pas de propriétaires"

Certaines personnes sont aussi parfois soumises à une administration de biens : "C’est alors un juge qui décide avec l’avis du médecin traitant de la personne. Parfois, la mesure peut être prise à la demande des gens. Alors, un tiers (un avocat, mais pas nécessairement) décide des dépenses : la part logement, nourriture et une part argent de proche. Cela peut être très utile pour des patients, même de façon temporaire."

Autre réalité : les propriétaires d’appartement refusent parfois les anciens SDF : "Il y a des gens qui sont dans la rue et qui ont l’argent pour se loger, mais ils ne trouvent pas", dénonce Jonathan Lambinet.

Quel impact à long terme ?

La vidéo, publiée il y a trois jours, a déjà été vue plus de 150.000 fois : "150.000 vues, c’est deux stades de foot, ça reste énorme pour un format de 20 minutes sur Youtube. On a touché le cœur de notre communauté. Pour toucher d’autres personnes, on doit condenser."

Comment évaluer l’impact d’une telle initiative ? "C’est difficile, certaines associations ont fait des tests mais les résultats ne sont pas connus", commente Pierre Ryckmans. Mais l’impact à long terme n’est pas à exclure : "Cela s’est déjà vu dans des villes comme Liverpool. Les résultats ont dépassé ce à quoi on s’attendait. Il semble que les gens ne dépensent pas l’argent dans l’alcool."

Autre aspect non-négligeable et positif : "Donner de l’argent sans demander une contrepartie, c’est un encouragement. On peut discuter sur la formule, mais si la personne se rend compte qu’elle est suffisamment importante pour que les gens se cotisent, la personne s’en souviendra et pourra s’appuyer là-dessus dans sa résilience."

Jonathan reconnaît : "Ça doit faire bizarre, surtout a

C. Cauchie

Retrouvez l'article original sur RTBF