Bruxelles compte acheter des terres agricoles en Wallonie et en Flandre, les critiques fusent

La Région bruxelloise va acheter, "dans les mois et les années à venir", des terres agricoles dans les Brabants wallon et flamand afin de préserver la biodiversité et de favoriser une agriculture locale qui pourrait nourrir une partie de la population bruxelloise, a indiqué le ministre bruxellois de l’Environnement, Alain Maron (Ecolo), lundi matin sur LN24.

La Région bruxelloise va acheter, "dans les mois et les années à venir", des terres agricoles dans les Brabants wallon et flamand afin de préserver la biodiversité et de favoriser une agriculture locale qui pourrait nourrir une partie de la population bruxelloise, a indiqué le ministre bruxellois de l’Environnement, Alain Maron (Ecolo), lundi matin sur LN24.

Après la réaction de la Région wallonne face au plan du ministre Maron, ce sont les organisations d'agriculteurs de tout le pays la Fédération Wallonne de l'Agriculture (FWA) a proposé ce lundi au gouvernement bruxellois de se faire l'intermédiaire entre l'autorité régionale et les agriculteurs si celle-ci souhaite s'approvisionner directement auprès d'agriculteurs wallons.


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La FWA s'est dite "surprise et choquée" par le projet du ministre bruxellois Alain Maron d'acheter des terres agricoles en Brabant afin de favoriser un circuit court et de qualité dans l'approvisionnement de la capitale. "Tout au long de la crise du covid 19, les agriculteurs wallons (comme ceux de Flandre d'ailleurs) ont poursuivi leur travail et continué à alimenter la population en productions de qualité, variées, respectant toutes les normes environnementales et sanitaires sévères auxquelles ils sont soumis", a souligné la Fédération.

La FWA insiste sur l'indépendance des agriculteurs et préconise le modèle d'une agriculture familiale "où l'agriculteur et sa famille sont indépendants économiquement, prennent les décisions, contrôlent la gestion et fournissent l'essentiel du travail et du capital". L'un des objectifs de ce projet (initié en 2016, sous la législature précédente) est de mettre ces terres à disposition d'agriculteurs ou de maraîchers pour une production durable, orientée principalement vers les besoins de la ville, en circuit court.

A cette méthode, la FWA oppose le principe de la liberté de culture, entièrement aux mains de l'exploitant et consacrée dans la législation sur le bail à ferme. "De nombreux producteurs wallons seraient sans nul doute preneurs d'un partenariat avec la Région bruxelloise, si celle-ci souhaitait s'approvisionner en ligne directe dans les exploitations wallonnes", estime la Fédération wallonne qui se propose de faire le lien entre Bruxelles et les agriculteurs.

La FUGEA inquiète

La Fédération unie de Groupements d'Éleveurs et d'Agriculteurs (FUGEA) s'inquiète elle aussi des projets du ministre bruxellois de l'Environnement, Alain Maron. Elle redoute que l'initiative n'aggrave encore les difficultés d'accès à la terre des agriculteurs.

"Les marchés du foncier agricole wallon et flamand sont déjà bouchés (seul 1% des terres ont changé de propriétaire en 2019) et peu voire pas accessibles à une majeure partie des agriculteurs tant les terres se vendent chers. On ne peut que craindre que la présence d'une région parmi les potentiels acquéreurs de terres accentue, même involontairement, ces phénomènes", a souligné la FUGEA dans un communiqué.

A ses yeux, le projet est totalement décalé par rapport aux enjeux actuels du monde agricole. Un des principes de base du bail à ferme est la liberté de culture, a-t-elle rappelé. La Région bruxelloise ne pourra donc pas dicter les orientations stratégiques des exploitants des terres acquises, à moins d'"imposer de manière coercitive son influence".

"La FUGEA ose espérer que la politique des autorités publiques en termes d'approvisionnement alimentaire ne va pas se calquer sur les stratégies douteuses d'entreprises privées", a-t-elle expliqué.
 

RTBF avec Belga

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