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Bologne redoute l'arrivée du coronavirus: les supermarchés pris d'assaut

Les images sont impressionnantes.

 Les étagères et les frigos d’un commerce de Bologne au nord de l’Italie sont vides. C’est un groupe d’étudiants belges sur place qui nous les a envoyées. Laure en fait partie. Elle effectue son Erasmus pour l’UCLouvain à l’Université de Bologne et elle témoigne "C’est principalement la nourriture non-périssable : l’eau, le coca, les pâtes, la sauce bolognèse. Mais il y a aussi le papier-toilette et dans les pharmacies, on ne trouve plus de désinfectant et de masques".


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Les Bolonais prennent leurs précautions, ils se préparent à l’arrivée du coronavirus. "Nous sommes hors de la zone rouge. Ce n’est pas comme Milan où tout est fermé, mais on sent une espèce de tension. On voit quelques masques et l’on sent que les locaux se préparent. Ici, nous avons peu d’informations alors les Italiens préfèrent prendre leurs précautions", précise la jeune fille. Un comportement qui contraste avec l’ambiance générale. "Ce n’est pas la panique non plus. Il y a encore des gens en rue, les Italiens font comme si de rien n’était même si ils se préparent. Donc, il y a de l'activité, les commerces sont ouverts. Bologne n’est pas une ville fantôme".

Même si la situation n’est pas critique à Bologne, la jeune étudiante de 23 ans préfère rentrer en Belgique, car ses cours sont suspendus cette semaine. "Je ne suis pas sortie depuis 3 jours même si au final je sais qu’en tant que jeune je ne risque rien. Mais cette tension est difficile à vivre. Je préfère rentrer en Belgique et ne pas prendre de risques".

C’est aussi ce qu’a fait Eve. L’étudiante Namuroise est arrivée début février en Italie, elle est rentrée mardi soir. "Beaucoup de personnes parlaient du Coronavirus à Bologne, il y a aussi ces villes fantôme au Nord du pays. Les Italiens se sont rués sur les supermarchés. Ils ont un peu cédé à la panique et moi, j’avais peur qu’ils ferment les frontières alors j’ai préféré rentrer".

Les deux jeunes filles vont rester au pays et voir comment la situation évolue avant de décider si elles retournent en Italie pour poursuivre leur Erasmus.

Pas de mesures spécifiques pour l’UCLouvain

Ces deux étudiantes voyageaient en Italie dans le cadre de leurs études à l’UCLouvain. Elles sont rentrées sur décision personnelle et non pas à la demande de l’université qui laisse le choix à ses étudiants. "Plusieurs universités ont fermé leurs portes pour la semaine. Nous avons donc pris contact avec les étudiants dont les cours sont suspendus. Ceux qui veulent rester peuvent, mais les étudiants qui seraient vraiment en difficulté peuvent rentrer s’ils le souhaitent. L’UCLouvain trouvera un moyen de les réintégrer dans le programme ici, pour qu’ils ne perdent pas leur année ou leur semestre qu’ils devaient faire à l’étranger", explique Dominique de Jaeger, coordinatrice académique de la mobilité a l’UCLouvain.

Aucune autre mesure n’est prise pour l’instant. L’UCLouvain recommande simplement à la trentaine d’étudiants concernés de suivre les instructions de leurs universités italiennes et des affaires étrangères belges. En revanche, tout nouveau départ vers l’Italie est interdit. "Ce sont principalement des stages", constate la coordinatrice.

"Nous demandons à l'étudiant de voir s’il est possible de postposer son stage. Si ce n’est pas possible, il faut alors annuler le départ et nous regardons comment réorienter l’étudiant vers un autre stage". La situation devrait rester telle quelle jusqu’à la semaine prochaine. L’université de Louvain attend de voir si les universités italiennes rouvrent leurs portes. Si ce n’est pas le cas, elle pourrait réévaluer la situation et prendre d’autres mesures.

B. Verpoorten et J. Covolo

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