Schaerbeek 1030

Bernard Clerfayt: "Si 10% des gens ne roulent pas en voiture aux heures de pointe, il n'y a plus d'embouteillages"

Dans le nouveau gouvernement bruxellois, Bernard Clerfayt (DéFI) devient ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle.

Il sera aussi chargé des Pouvoirs Locaux, de l'Informatique régionale, de la Transition numérique, des Pouvoirs locaux, du Bien-Etre Animal, des Allocations familiales (CoCom) et des Relations internationales de la Commission Communautaire française. Il a accepté d'abandonner le mayorat de Schaerbeek parce qu'il avait une demande forte et le soutien de son parti pour assurer cette mission, cette fonction pour le compte du parti : "On m'a demandé de tirer la liste aux élections régionales et maintenant de porter le message, le programme, les projets de DéFI au sein du gouvernement. Et j'ai aussi la certitude qu'il y a une très bonne équipe à Schaerbeek qui va continuer à faire le travail quotidien, même si je ne serai jamais loin de ma commune, bien entendu" explique-t-il, interrogé sur La Première.

L'objectif du nouveau gouvernement est qu'à l'horizon 2030 seuls les modèles économiques exemplaires sur le plan social et environnemental bénéficieront encore du soutien public régional. "Nous sommes tous signataires de l'Accord de Paris et la 'décarbonisation' de nos activités concerne aussi les activités économiques. Les soutiens publics, les subsides, les aides à l'investissement qui seront accordées aux entreprises qui le demandent seront conditionnés de plus en plus pour que l'ensemble des entreprises s'investissent ou s'engagent dans une voie d'économie circulaire, une économie qui ne produit pas ou ne contribue pas au réchauffement climatique" indique-t-il.

Cela devra s'appliquer à Audi Forest, un gros pourvoyeur d'emplois en Région bruxelloise: "À échéance 2030, il faudra que tout le secteur automobile européen, pas seulement à Bruxelles, mais en Europe entière, produise des véhicules qui ne contribuent plus au réchauffement climatique et le produisent d'une manière qui intègre ces enjeux pour ne pas contribuer au réchauffement climatique" poursuit le ministre. "Il n'y aura pas de suppression des secteurs économiques qui ne sont pas encore totalement adaptés. Mais il y a une volonté de s'engager dans tous les aspects de la vie. Ce n'est pas seulement les citoyens qui ne vont plus avoir des véhicules automobiles diesel, ce n'est pas seulement le bâti qui doit être isolé pour produire moins de CO2 avec d'autres techniques d'isolation et de chauffage, c'est aussi le secteur de l'activité économique qui va adapter ses process de production. On l'a bien fait à travers le temps pour réduire les pollutions qui étaient émises par beaucoup d'usines ou par beaucoup d'entreprises en mettant des normes plus sévères. L'objectif est donc de le faire également sur le plan économique et ça devrait être producteur et créateur d'emplois en localisant sur le territoire bruxellois des emplois qui vont rentrer dans ces nouveaux secteurs économiques".

Un signal prix

Selon l'accord de gouvernement, la voiture de l'automobiliste individuel, est en ligne de mire des différentes politiques de mobilité. "Les navetteurs, comme les Bruxellois, sont les victimes des embouteillages qu'on a tous les matins à Bruxelles et ça fait des années qu'il y a de plus en plus d'embouteillages. On ne peut pas continuer à ne pas proposer de solutions pour cela. Les solutions vont évidemment dans l'investissement dans les transports en commun, mais ça n'est pas tout. Les solutions, c'est aussi de créer ce qu'on appelle un signal prix, mettre en place une taxation kilométrique intelligente pour essayer d'inviter une petite fraction des navetteurs le matin à peut-être changer leurs horaires, à faire du covoiturage. Et si 10% des gens ne roulent pas en voiture aux heures de pointe, il n'y a plus d'embouteillages. C'est l'objectif que nous voulons atteindre collectivement, au bénéfice de ceux qui viennent en voiture à Bruxelles" poursuit Bernard Clerfayt.

Comment financer des investissements massifs dans les transports en commun ? "D'abord, il y a toute une série de projets qui sont programmés. Ensuite, il est question d'avoir un 'signal prix', donc peut-être une légère augmentation de recettes, notamment sur base des véhicules qui circulent en Région bruxelloise avec une modification de la taxe de circulation, et les choix que fera le gouvernement, surtout les enjeux de financement des équipements de transport en commun, tram, métro et bus" conclut-il.

A. Lechien

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