Fexhe-le-Haut-Clocher 4347

Benoît Huc : l'homme qui photographiait les attitudes des oiseaux sort son premier ouvrage

Benoît Huc, cameraman à la RTBF depuis plus de 30 ans, a une passion : la photographie d’oiseaux. Depuis trois ans, cet habitant de Fexhe-le-Haut-Clocher de 53 ans réalise des clichés originaux et d’une grande qualité esthétique. Cette année, il publie le premier ouvrage regroupant ses meilleurs clichés.

S’il ne s’est mis à la photographie que depuis deux ans, Benoît est un spécialiste de l’image depuis de nombreuses années. Après des études en technique cinématographique à l’INRACI, à Bruxelles, il devient rapidement cameraman pour la RTBF.

Parallèlement, il travaille comme indépendant complémentaire et réalise de nombreux reportages sur des thèmes en lien avec la nature : des réserves et des parcs naturels, des naturalistes, des photographes nature...

De la caméra à l’appareil photo

"C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans la photographie", explique Benoit. "Je cherchais justement une activité divertissante qui me permette de me ressourcer dans la nature". Très vite, le photographe amateur décide de troquer sa caméra pour un appareil photo. "Le matériel vidéo est très lourd et encombrant. Par contre, l'appareil photo, lui, est beaucoup plus léger et maniable, on peut réagir en trois secondes".

Montrer ce que l’on ne voit pas

Au départ, Benoît prenait ses photos dans son jardin et dans les alentours proches de son lieu de résidence. Aujourd'hui, il sillonne toute la Belgique ainsi que la France et les Pays-Bas.

S’il aime prendre des clichés de tous les animaux, le photographe marque une nette préférence pour les oiseaux : "Ce sont les oiseaux qui m’intéressent le plus. Mais pour bien les photographier, il faut les connaitre. Quand j’ai commencé à publier mes photos, j’ai eu la chance d’être contacté par des ornithologues qui m’en ont beaucoup appris sur les habitudes des différentes espèces, ce qu’elles font, ce qu’elles mangent, quelles techniques d’approche utiliser, …".

De plus, les oiseaux s’inscrivent parfaitement dans la démarche artistique de Benoît : sublimer toutes ces beautés qui nous entourent et à côté desquelles on passe tous les jours sans les voir. "A l’œil nu, on ne voit souvent rien d’un oiseau, juste une silhouette dans le ciel, alors que ce sont des animaux très beaux. Mais avec un appareil photo et un bon téléobjectif on observe des tas de particularités qu’on ne remarque jamais sinon".

Capter des « attitudes »

Benoît cherche avant tout à saisir l’instant. Il souhaite immortaliser les oiseaux qu’il photographie dans des postures et des attitudes très particulières et originales. "Ce qui me plait, c’est d’aller chercher des attitudes qui ne durent qu’une fraction de seconde. On peut par exemple observer une bagarre entre moineaux et se rendre compte que trois attitudes différentes se succèdent en un instant : offensive, défensive et soumise. Les oiseaux ont une vitesse de réaction qu’on ne soupçonne pas ! ", affirme-t-il. "Je trouve aussi amusant de constater que, parfois, les oiseaux ont des expressions qui semblent un peu humaines, comme si on reconnaissait une émotion, un état d’esprit".

Pour parvenir à saisir le moment parfait, il utilise très souvent le mode rafale de son appareil photo digital, ce qui lui permet de décortiquer un mouvement. On reconnait là l’expérience d’un cameraman qui travaille beaucoup avec des arrêts sur image. "Avoir une expérience derrière la caméra, c’est un avantage très important pour être un bon photographe", reconnait-il.

« J’essaie de photographier des gueules »

Un autre aspect que Benoît apprécie dans la photographie d’oiseaux, c’est le côté "chasse aux trésors". Et la période des migrations est tout à fait propice à l’observation d’espèces qu’on rencontre peu dans nos contrées. "Cet hiver, j'ai eu la grande chance de photographier des jaseurs boréaux. Cet oiseau est originaire du grand nord et ne s’arrête que très rarement en Belgique. Mais apparemment, on peut le voir pour le moment car il ne trouve plus assez de baies pour se nourrir dans les pays d’où il vient".

Toutefois, le photographe ne recherche pas la rareté à tout prix mais préfère se concentrer sur la quête de mimiques et de situations hors du commun.

Son oiseau coup de cœur ? Le héron ! "Parce qu’il a une gueule pas possible", explique-t-il. "C’est ce que j’essaie de faire, photographier des gueules, capter des attitudes très particulières. Le héron est un grand oiseau et on y remarque très facilement des expressions spéciales. Il possède un long cou qu’il peut orienter dans tous les sens. J’ai même une photo d’un à qui je trouve une tête de dictateur complètement cinglé ! C'est un oiseau assez amusant !".

Une reconnaissance en marche

De 22 au 25 septembre 2016, dans le cadre de l’Expo photos Aves à Namur, l’artiste a présenté ses photos sous le titre "Regards et Attitudes". L’expo Photos Aves est un des deux plus grands rendez-vous wallons de la photo " nature " (l’autre étant le Festival Nature de Namur). Elles attire chaque année des milliers de visiteurs, des passionnés de nature et de simples curieux. "Ça me fait plaisir que des personnes qui ne s’y connaissent absolument pas en oiseaux s’intéressent aussi à mon travail", avoue-t-il.

L’un de ses clichés a également été sélectionné pour le concours du Festival Nature de Namur.

Très récemment, le fabriquant d’objectifs pour appareil photo Tamron l’a contacté après avoir vu ses réalisations sur Facebook. Le directeur marketing lui a proposé de devenir "ambassadeur de Tamron pour la France et les pays francophones". Cela signifie qu'il pourra tester gratuitement leurs produits. En échange, Benoît donnera ses impressions sur le matériel prêté. Le contrat signé avec Tamron implique aussi de prendre des photos qui montrent les capacités du matériel et qui seront utilisées dans les campagnes de publicité de la marque.

Si vous souhaitez suivre le travail artistique de Benoît, rendez-vous sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/benoit.huc.14?fref=ts

Le photographe y partage presque chaque jour une nouvelle photo !

Vers l'édition de ses plus belles images

Cette année, Benoît a franchi un pas. Il a trouvé un éditeur français pour publier une partie de son travail photographique tout en rendant service aux lecteurs et à la biodiversité.

"C'est un petit livre pratique de 120 pages consacré à la façon d'aménager son jardin pour les oiseaux. Il est le fruit de mes rencontres avec de nombreux spécialistes. J'espère ainsi apporter ma petite contribution à la sauvegarde de la biodiversité... Envisager son jardin ou une partie de son jardin comme une petite réserve naturelle, c'est la première chose que l'on puisse faire pour soutenir les oiseaux et la nature en général", estime-t-il.

Ce livre lui a été commandé par Ulmer, une maison d'édition française numéro 1 des bouquins de jardinage. Le photographe y parle d'une soixantaine d'oiseaux de France, de Belgique, de Suisse...

Si vous êtes impatients, vous pouvez déjà le pré-commander pour 14,95 euros (+ frais de port) en envoyant directement un email à Benoît Huc : benoit.huc@skynet.be

Tania Horbach et APS