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"Aux armes de Bruxelles" : reprise du travail, mais encore beaucoup de flou

C'est l'un des restaurants les plus célèbres de la rue des Bouchers, au cœur touristique de la capitale. Aux armes de Bruxelles avait bien triste allure ce vendredi matin. Si le travail a repris vers 16h30, le personnel se croisait encore les bras ce...

C'est l'un des restaurants les plus célèbres de la rue des Bouchers, au cœur touristique de la capitale. Aux armes de Bruxelles avait bien triste allure ce vendredi matin. Si le travail a repris vers 16h30, le personnel se croisait encore les bras ce vendredi matin pour dénoncer la gestion catastrophique de la nouvelle direction.

Salaires systématiquement en retard

En cause tout d'abord, de gros retards dans le paiement des salaires. Depuis le rachat de l'établissement en juin dernier par le groupe du milliardaire Aldo Vastapane, les cinquante travailleurs sont dans le flou. Ils ne comprennent plus qui est leur employeur.

"La personne qui soit disant est notre interlocutrice promettait nos salaires pour le 3 du mois", explique Dimitri Sapountzis, chef de rang au restaurant et délégué CSC, "mais le mois dernier, on a seulement été payés le 15. Les gens ont des emprunts, des familles, c'était la rentrée. Le 15 c'est trop loin".

Matériel vétuste

À l'intérieur de l'établissement bien connu de l'ilôt sacré, nous découvrons d'autres problèmes. Mimoun Hocine travaille en cuisine depuis 13 ans, il ne compte plus les appareils défectueux. Devant une machine, il précise avec un sourire amer : "Celle-là elle marche, mais il n'y a plus de réglage. Si tu l'allumes, c'est à fond et tout est brûlé".

La semaine dernière, il n'y avait plus de sel

Le chef désespère. Frigos en panne, fournisseurs impayés qui refusent de livrer, du jamais vu.

"La semaine passée il n'y avait pas de sel dans la maison. Pas de chocolat pour les mousses alors qu'on prévoyait un banquet de 100 personnes. Je dois supplier les voisins de dépanner, mais maintenant ils n'ont plus confiance", ajoute-t-il.

Tout ce qu'on demande, c'est que ça tourne

Certains employés travaillent depuis plus de 20 ans dans ce restaurant mythique ouvert il y a près d'un siècle, en 1921. Pascal Van Rymenant est chef de rang et délégué FGTB. Il tient à nous faire visiter son lieu de travail dont il est fier. "Ici, vous avez la table où Jacques Brel venait chaque fois manger", dit-il en désignant une petite table près de la fenêtre.

Depuis le rachat du restaurant, il ne comprend pas les difficultés de la société repreneuse. S'il y a bien eu une période creuse suite aux attentats et à la mise en place du piétonnier, la fréquentation du restaurant avait repris en force ces dernières semaines.

"Ce métier on l'a dans l'âme, ça sort des tripes", confie-t-il, "Vous ne pouvez pas faire ce métier si vous ne l'aimez pas. On ne regarde pas les heures, tout ce qu'on demande c'est que ça tourne".

Actions en justice

Vers 16h30 ce vendredi, les travailleurs ont repris le travail suite au versement de leur salaire de septembre. Ils ne souhaitent pas régler tous les problèmes dans une grève au finish.

Les syndicats ont introduit trois procédures en référé devant le tribunal du travail. La direction, elle, n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

Sarah Heinderyckx

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