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Auderghem : Au Rouge-Cloître, la Maison du Prieur enfin restaurée

C’est un lieu chargé d’histoire qui sera prochainement rendu accessible au public. Après vingt années d’inoccupation, et deux ans de travaux, la maison du Prieur et la seule aile du cloître encore debout ont été restaurées afin d’y accueillir un projet Horeca et des activités culturelles.

L’élégante bâtisse blanche de soixante mètres de long faisait partie du prieuré du Rouge-Cloître fondé par les chanoines réguliers de Saint-Augustin à la fin du quatorzième siècle. Modeste construction de pierre et de briques au départ, le site se dotera au fil du temps, d’un cloître imposant dont il ne subsiste aujourd’hui qu’une seule aile, intégrée dans ce que l’on appelle aujourd’hui la Maison du Prieur.

Les baies du cloître avaient été murées

L’architecte Fabienne Rouby, (collaboratrice au cabinet d’architecture Origin) a participé à la rénovation du bâtiment. Un bâtiment qui, certes, avait subi les assauts du temps, mais réservait néanmoins quelques belles surprises : "Ce bâtiment contenait la salle capitulaire ainsi que le logement des chanoines au premier étage. Quand nous l’avons découvert, il avait souffert de l’eau, les bois de la galerie du cloître étaient pourris. Au premier étage, les cloisons du 18e siècle ainsi que les planchers étaient devenus très fragiles. Les baies du cloître avaient été murées mais en les démontant, nous avons retrouvé en dessous les châssis d’époque". La fresque du cloître a également été redécouverte derrière un enchevêtrement de câbles.

Du caviar pour l’archéologue
Patrice Gautier, archéologue pour les musées Royaux d’Arts et d’Histoire, n’en revient toujours pas ! Les bâtiments n’avaient jamais subi de lourdes restaurations, ce qui garantissait une certaine authenticité des maçonneries. "Du caviar pour l’archéologue !", précise-t-il en nous emmenant dans l’escalier qui menait autrefois à l’église.

"Nous sommes à un endroit névralgique puisque nous avons une porte vers la sacristie, une grande porte vers l’église qui se trouvait au nord du bâtiment. L’escalier permettait d’accéder aux chambres des chanoines. A ma gauche se trouve l’entrée du cloître. Il s’agit donc d’un hall qui distribuait toutes les fonctions du prieuré et qui date de la reconstruction de l’église entre 1511 et 1520. Les restaurateurs ont même retrouvé et mis en valeur les fresques qui autrefois décoraient cette cage d’escalier".

Des chauves-souris dans les combles

Bien visible depuis les pelouses, la Maison du Prieur devrait bientôt pouvoir accueillir des manifestations qui permettront au public de découvrir ce précieux témoin du patrimoine bruxellois. L’accès aux combles ne devrait toutefois être autorisé qu’avec parcimonie. Une colonie de chauve-souris s’y est en effet installée et doit être protégée. L’ensemble du site est d’ailleurs placé en zone Natura 2000.

Véronique Fievet

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