Aubange 6790

Attention traversée de crapauds: c'est la saison des migrations

Crapauds, tritons, salamandres et grenouilles, sauf la verte, passent la majorité de leur vie hors de l’eau et n’y retournent que pour se reproduire. D’où le nom d’amphibiens, "amphi" qui signifie en grec "des deux côtés" et "bio" pour "vie", capables donc de vivre dans l’eau, mais aussi de respirer sur la terre ferme.

Du coup, quand l’hiver se termine, les adultes sortent de leur hibernation et font une longue marche, une migration vers l’étang, leur étang, celui en fait où ils sont nés.

 

Quand ont commencé ces migrations?

Il faut trois conditions pour entamer ces migrations : premièrement une température nocturne de 6 à 7 degrés, un ciel couvert et un taux d’humidité élevé. Vu la météo ces derniers jours, on s’en rapproche.

Ces migrations se font généralement en début de soirée, c’est moins la lumière qui les fait se mettre en route, ce sont surtout les conditions climatiques qui vont les pousser à rejoindre leurs lieux de reproduction, et les batraciens peuvent parcourir plus de 4 kilomètres à travers bois et prairies.

Ce parcours est souvent semé d’embûches, principalement la traversée des routes situées près des étangs ou dans une forêt. Des panneaux routiers, des triangles avec un crapaud dessiné, dessus existent. Ils signalent la présence de batraciens qui pourraient traverser la route. On demande aux automobilistes de lever le pied, d’être vigilant car entre l’urbanisation, le comblement des mares, c’est le trafic routier qui constitue la première cause du déclin des crapauds.

Opérations de sauvetage

Des opérations sont organisées par des associations, des comités de quartiers, ou encore Natagora. Il y en a 150 à travers la Belgique, comme le groupe d’action locale des Plaines de l’Escaut.

Charlotte Mathelart, chargée de projets dans ce groupe raconte : "Ça consiste à faire traverser des batraciens qui en fait font leur migration à la sortie de l’hiver, donc qui partent de leur site d’hibernation pour aller rejoindre leur site de reproduction. Ils croisent souvent des routes sur lesquelles ils se font écraser par centaines, donc l’idée c’est de les prendre d’un côté dans des seaux, donc mettre un barrage, les prendre dans des seaux et les déposer de l’autre côté, en sécurité. Voilà, on cherche des citoyens qui sont intéressés par cette action, qui veulent aider les populations et apprendre à les connaître mieux."

A ne pas faire seul parce que ça peut être dangereux. Il faut un encadrement: cela se passe toujours à la tombée de la nuit, donc il faut mettre des chasubles fluorescentes.

Exemple dans la commune d’Amay, près de Liège. Didier Marchandise, responsable du service environnement, explique : "Ce sont simplement des bâches qui sont placées le long de la voirie, soutenues par des piquets, et tous les 15 mètres nous plaçons des seaux pour récupérer les batraciens. Alors ici, nous avons une dizaine de seaux qui sont placés et nous récupérons les grenouilles qui sont dans le seau pour les traverser."

Certains installent même des crapauducs, ce sont des caniveaux sous la voirie pour faire passer ces fameux batraciens. Faire traverser ces batraciens, ça peut sembler un petit peu ridicule, mais c’est un geste important pour la biodiversité. À travers le monde, on estime que 30 % des espèces d’amphibiens sont menacées, 30 % c’est beaucoup.

Or, c’est un maillon important, rappelle Charlotte Mathelart : "C’est un élément de la chaîne alimentaire, donc ils servent de nourriture à de nombreux animaux et ils se nourrissent également de nombreux animaux, et en fin de compte ça forme ce qu’on appelle une chaîne alimentaire, dont nous dépendons également pour vivre."

La zone la plus peuplée d’amphibiens dans le monde est l’Amérique du Sud et le Brésil. Les batraciens sont souvent menacés par la contamination et l’assèchement des cours d’eau nécessaires à leur reproduction. Mais il faut savoir qu’en Région wallonne par exemple, l’ensemble des batraciens sont protégés.