Anderlecht 1070

Anderlecht : un cri de détresse pour trouver dix logements en une semaine

Un gros chantier va bientôt démarrer dans le cœur historique d’Anderlecht.

Au pied de la collégiale Saint-Guidon, l’ancien site de l’hôpital Saint-Anne va être transformé.

12 millions d’euros vont être investis par l’évêché de Bruxelles pour y aménager des logements et services pour les plus précarisés.
Pour l’instant, c’est déjà une association catholique, l’ASBL Rafaël, qui y héberge des personnes en détresse. Mais le site doit fermer dans une semaine pour préparer le chantier. Et certains résidents n’ont toujours pas trouvé d’autres logements. L’ASBL Rafaël lance donc un cri de détresse.
 

De chambres d’hôpital à studios de vie

Derrière la grosse porte d’entrée, on découvre un petit espace vert qui rappelle que le site a accueilli un hôpital jusqu’en 1994.

A cette époque, c’est un prêtre néerlandophone qui reprend la gestion des 14.000m² de l’endroit. Reginald Rahoens y installe l’ASBL Rafaël et une paroisse catholique, dont le but est de venir en aide à des personnes en détresse. "Nous avons accueilli jusqu’à 360 résidents", explique Marie-Françoise Boveroulle, administratrice à l’ASBL Rafaël. "Surtout des personnes sans papiers ou originaires d’Afrique subsaharienne, d’Europe de l’est ou encore des Philippines. Au début du projet, les fondateurs avaient fait comme ils pouvaient pour aménager le site, en reliant deux anciennes chambres d’hôpital pour en faire un petit studio par exemple, ou en installant une salle de bain dans des anciens bureaux d’infirmières. Mais cela a tenu jusqu’ici".

Quatre associations plutôt qu’une bientôt sur place

Sauf qu’aujourd’hui, ces bâtiments ne répondent plus aux normes. En partenariat avec la commune d’Anderlecht, l’évêché de Bruxelles a mis au point un projet pour investir 12 millions d’euros et rénover complètement l’endroit.

Un chantier qui doit durer deux ans, avec pour objectif d’aménager 52 logements aux normes pour les plus précarisés, ainsi qu’une série de services comme un restaurant social, un centre de distribution de colis alimentaires ou encore une crèche. Tout cela sera ensuite géré non seulement par l’ASBL Rafaël, qui occupe aujourd’hui les lieux, mais aussi par d’autres acteurs qui luttent pour aider les plus précarisés.

Par exemple, "l’Ilot" qui travaille à la réinsertion de personnes sans-abris, "Convial" qui offre de l’aide aux réfugiés ou encore "Les Petits Riens" qui propose du logement accompagné aux personnes en détresse. Les quatre acteurs se partageront la gestion de ces 52 logements et pourront chacun en offrir une partie aux personnes dont ils s’occupent.

Cherche logements désespérément

Pour préparer ce très gros chantier à venir, les bâtiments doivent être vides au 1er octobre maximum. "C’est là le gros problème actuel", précise Marie-Françoise Boveroulle. "Il reste encore aujourd’hui une soixantaine de personnes qui vivent ici, dont une dizaine pour lesquelles nous n’avons aucune piste de relogement pour les jours à venir".

L’administratrice de l’ASBL Rafaël nous emmène rencontrer l’un d’eux. Il s’appelle Eric. A 37 ans, cet homme souffre de handicap suite à un accident vasculaire cérébral. "Il a donc beaucoup de mal à s’exprimer", explique sa maman qui nous décrit sa situation. "Il ne sait presque pas se déplacer. Il ne peut pas travailler. Or, les seuls logements que nous avions trouvés sont des logements où il faut gravir des escaliers. C’est impossible pour lui. Sans oublier que, moi, je suis sans-papier et jusqu’ici je ne vivais pas avec lui. Mais s’il reste tout seul, il pourrait avoir un nouvel accident. Il faudrait trouver un endroit au rez-de-chaussée. Il a aussi quatre enfants. Mais comme il est divorcé, ils ne viennent que certains jours. Mais il faut quand même de la place pour les accueillir lorsqu’ils seront là".

Des situations comme celles-là, Marie-Françoise Boveroulle et son ASBL en voient tous les jours. "Ces parcours effraient en général les propriétaires privés qui ont des logements à louer. Ils souffrent d’un triple souci lorsqu’ils recherchent un logement. D’abord, il y a parfois une raciale. Même s’ils se donnent à fond et rentrent des bons dossiers pour louer un bien, à chaque fois c’est un autre candidat locataire qui est choisi. Ensuite, il n’y a pas beaucoup de propriétaires qui acceptent de louer à des personnes qui n’ont que le revenu d’intégration sociale. Enfin, il y a parfois un gros découragement chez ces personnes. Certains sont difficiles à aider parce qu’ils sont trop désespérés face à toutes leurs difficultés pour être proactifs".

Mais l’ASBL Rafaël veut y croire et lance donc un SOS pour trouver d’urgence une dizaine de logements décents et à loyers modérés, soit aux alentours des 400 ou 500 euros par mois.

Si vous avez des pistes et souhaitez proposer votre aide, vous pouvez contacter l’association via son site internet : http://www.rafaelcenter.be/

Bruno Schmitz

Retrouvez l'article original sur RTBF