Algues bleues, bactéries fécales: il ne fait pas bon se baigner n'importe où...

Quand il fait chaud, quoi de mieux que de piquer une tête dans un lac ou une rivière pour se rafraichir ? Mais attention, toutes les eaux de baignades ne se valent pas.

En Wallonie, seuls une vingtaine de sites naturels ont une eau reconnue comme étant de bonne ou d’excellente qualité.

Une plage aménagée, des cris d’enfants, des grands parents aux petits soins et pour que le tableau soit vraiment complet, une eau de baignade d’excellente qualité. Au centre Worriken, au lac de Bütgenbach, l’eau est contrôlée toutes les semaines.

Des prélèvements hebdomadaires, pour les sites les plus prisés

Au bout de la jetée, David Lelarge déballe sonde, glacière et flacons. Il est préleveur pour le compte de l’ISSEP, l’institut wallon de surveillance de l’environnement. Les échantillons qu’il prélève serviront à étudier les bactéries présentes dans l’eau.

" Je cherche également les hydrocarbures, le phénol, qui est une toxine mais aussi les tensioactifs, comme du gel douche qui aurait pu être renversé dans le lac. " Il s’agit donc pour lui d’ouvrir l’œil : " je dois compter le nombre de nageurs, regarder s’il y a des animaux, des excréments de canards, éventuellement repérer les odeurs suspectes… "

Escherichia coli, entérocoques intestinaux et autres réjouissances

Nous devons faire vite. Si nous tardons trop, les échantillons vont chauffer. Ils ne seront alors plus exploitables. Direction alors Liège et le laboratoire de l’ISSEP.

C’est là que sont analysées, pendant l’été, les eaux de baignades de 32 sites wallons, rivières ou lacs. En hiver, le laboratoire se penche plutôt sur les eaux de piscines ou encore de jacuzzis. " En bouillonnant, ça brasse pas mal de choses ", nous glisse Jocelyne Korfer, une moue entendue. 

C’est elle qui réceptionne les précieux flacons d’eau de baignade. La technicienne de laboratoire annonce le programme : " ici on va rechercher les escherichia coli et les entérocoques intestinaux, qui sont des bactéries fécales. "

Un véritable risque pour les baigneurs imprudents

Les échantillons prélevés sont alors mis en culture, pour y étudier la présence de ces bactéries. Placées dans un incubateur, les gouttes d’eau rendront leur verdict dans deux ou trois jours.

Autre paramètre étudié : la présence de cyanobactéries, plus couramment appelées " algues bleues ".

Les causes de cette pollution des eaux de baignade ? " Les campings, les stations d’épuration déficientes, l’épandage, le bétail qui va s’abreuver dans la rivière ", énumère Nadine Burlion, la responsable du service de microbiologie.

Pour le baigneur le risque est réel et va bien au-delà de quelques désagréments gastriques. " Dans les matières fécales, il n’y a pas que des bactéries mais aussi des virus, tels que la poliomyélite ou l’hépatite A ", prévient la cheffe de service.

Mieux vaut donc s’en tenir aux conseils officiels. Les résultats d’analyses sont disponibles et régulièrement mis à jour sur le site de la région wallonne, Aquabact.

Barbara Schaal

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