Etterbeek 1040

Un jour à Bruxelles : au pavillon des passions humaines

Un bas-relief sculpté dans dix-sept blocs de marbre de Carrare. Une commande artistique de Léopold II pour l’Exposition internationale de Bruxelles de 1897. Des corps nus, enlacés, de la violence, de la douceur et la mort. Cet objet historique polémique, œuvre de Jef Lambeaux, est à nouveau à découvrir au pavillon Horta à Bruxelles. Et son histoire n’a pas fini de déchaîner les passions… humaines.

Les Passions Humaines de Jef Lambeaux (1852-1908) est l’une de ces œuvres que l’on regarde avec admiration en se demandant quel était réellement le message de l’artiste. Aussi artistique soit-il, ce bas-relief a déchainé les passions par sa composition charnue et son commanditaire royal. Sa réalisation est en effet une volonté du Roi Léopold II.

Ce dernier veut une œuvre artistique bien particulière et souhaite également que l’architecte Horta réalise un Pavillon magnifique au cœur du Cinquantenaire pour l'y installer.

Tout de suite, le thème suscite des réactions virulentes de surprise, de dégout et de curiosité auprès de la bourgeoisie et du petit peuple de l’époque. L'œuvre de Jef Lambeau fut en effet conçue sur le thème du bonheur et des péchés de l'humanité, dominés par la Mort. Il s’agit en fait d’un ensemble de sculptures représentant le suicide, le viol, les légions sataniques, la guerre, les grâces, des femmes qui dansent de joie ou assaillie, le Christ sur la croix, Adam et Eve, une mère qui embrasse un enfant, une adolescente caressée par un jeune homme, un couple décédé et trois hommes en lutte avec la passion.

Un peuple scandalisé

Dès son inauguration, il choque la Belgique toute entière. La manière dont les nus déshérités sont représentés ainsi que la représentation du Christ crucifié crée l’effroi dans notre pays de tradition catholique. Trois jours plus tard, sa visite est impossible, le bâtiment créé ouvert par Horta fut caché par quelques planches de bois. Au début des années 1900, le gouvernement belge qui a acquis l’œuvre demande à l’artiste de fermer l’avant avec des matériaux résistants. C’est chose faite en 1909.

Année après année, pendant près de 100 ans, le pavillon Horta et le bas-relief de Jeff Lambeaux subissent les soubresauts des saisons. Au début des années 2000, une rénovation est indispensable. Mais l’œuvre polémique peine à convaincre les représentants du gouvernement qui préfèrent rénover des œuvres plus conventionnelles. Finalement, elle commencera en 2013 avec des fonds de partenaires privés. Depuis début juillet les deux œuvres d’art sont à nouveau accessibles au public.

Le pavillon ouvre au printemps, les mercredi, samedi et dimanche après-midi. Toutes les infos sur le site des Musées Royaux d’Art et d’Histoire : http://www.kmkg-mrah.be/fr/pavillon-horta-lambeaux

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Aurore PEIGNOIS