Enghien 7850

A Lasemo, Bea Johnson et son Zéro Déchet à l'extrême en a surpris plus d'un

C’était l’une des « têtes d’affiche » de la Librairie-Papoterie, ce nouveau concept de conférences inspirantes au sein du festival enghinois Lasemo. La « papesse du zéro déchet » selon le New York Times n’a pas manqué à sa réputation : 1 heure de prêche enjoué, dont le sermon parfois extrémiste a laissé certains disciples circonspects. Comme pour toute bonne religion qui se pratique et se respecte.

A Enghien, ce samedi, Béa Johnson dès les premiers mots de son intervention n’y est pas allée avec le dos de la cuillère en bois éco-responsable : " Avoir zéro en tête pousse à aller au maximum. Ce n’est pas une question de juste réduire ". C’est sur le fond clair et efficace, pour la simplicité, il faudra repasser.

Durant 1 heure, la Française immigrée aux USA s’est exprimée sur son nouveau mode de vie, partageant çà et là anecdotes et vie de famille. Sur le fond, elle est dans le juste. Nous consommons trop, nous produisons trop, nous jetons beaucoup trop. Il est temps de revenir au minimalisme, aux plaisirs simples et au désencombrement. C’est le fil rouge de sa conférence ici au Lasemo mais aussi dans ses différents ouvrages et blogposts. Son mentorat se construit autour des 5 R = refuser, réduire, réutiliser/réparer, recycler et composter (en anglais le mot Rot). La jeune femme s’est beaucoup documentée pour parvenir à son objectif, avec des tests réussis et d’autres moins, qu’elle partage sur ses réseaux sociaux. Quelques rappels sont aussi salvateurs : " Il faut refuser ce dont on n’a pas besoin, ce qui nous est donné gratuitement et qui donnerait l’impression que c’est un besoin : pour stopper la demande et in fine, faire en sorte que ce ne soit plus produit ", explique-t-elle.

Sa conférence et sa production littéraire s’attèlent à donner les conseils pour y parvenir avec un objectif totalitaire. Si c’est honorable, c’est ce qui a perdu une partie de son audience ce samedi. Dans le public, on s’est ému de son intérieur impersonnel et trop épuré, de ces photos qui donnent l’impression d’être dans un magazine danois, de ses enfants poussés dans ce mode de fonctionnement presque militaire à l’image de leurs garde-robes qui rentrent dans un bagage à main ou de leur simple boite à jouets. Ce même public, déjà sensibilisé, qui s’accorde à dire qu’il est temps de réagir, durablement ; que Bea Johnson va peut-être trop vite, trop loin et trop fort. Mais si un dixième de ses conseils finit par être appliqué dès ce lundi, alors la messe sera dite.

Aurore Peignois