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A l'Athénée Léonie de Waha, le smartphone comme outil pédagogique

ll est devenu la bête noire des enseignants.

Aujourd'hui, presque tous les élèves de secondaire ont un smartphone. Les profs doivent ruser, menacer, parfois sanctionner pour que les téléphones restent bien au fond des sacs. A l’athénée Léonie de Waha à Liège, c’est différent. Dans cette école à pédagogie active, le smartphone est autorisé dans les couloirs, pendant les pauses et même dans certaines salles de classe.

Le téléphone existe. Au lieu de l’interdire pourquoi ne pas encadre son usage ?

C’est l’heure de la pause à l’Athénée Léonie de Waha. Les élèves se ruent hors des salles de classe. Nombreux sont ceux qui dégainent instantanément leur smartphone. Réflexe numéro 1 : les réseaux sociaux.

"J’écris à mes amis qui ne sont pas dans la même classe que moi", explique Lola. Elle le promet : en classe, son téléphone reste rangé. Elle, ne l’utilise pas… mais d’autres le font. "Ils le cachent en dessous de la table, franchement ils abusent", raconte la jeune élève de 14 ans.

Des abus inévitables selon Lubba Claros. Mais pour cette prof d’anglais, pas question de choisir la voie de la sanction. Soyons clairs : elle "n’encourage pas" l’utilisation du téléphone, mais elle "l’autorise et le tolère""On ne va pas se leurrer, le téléphone existe. Au lieu de l’interdire, pourquoi ne pas encadrer son usage ?"

Traductions, recherches, le téléphone devient alors un outil de travail. "Dans ma classe, j’ai la possibilité d’utiliser un écran numérique", explique la jeune prof d’anglais. "Avec leur téléphone, les élèves peuvent montrer leur présentation power point ou alors partager une musique via Bluetooth."

Il faut apprendre aux élèves à maîtriser la technologie pour ne pas en devenir esclave.

Il est admis qu’en général, le téléphone diminue nos capacités de concentration, pourtant, selon Maxyme 15 ans, bien utilisé c’est tout l’inverse. "Les élèves qui ont des problèmes peuvent mettre leurs écouteurs et écouter de la musique pendant un travail individuel. Ils se créent une bulle et peuvent ainsi se concentrer", estime-t-il.

Dans cette école à pédagogie active la philosophie c’est donc bien d’accompagner plutôt que d’interdire. "Les couper de la nouvelle technologie ça n’a aucun sens ", soutient Rudi Creeten, le préfet de l’établissement. "Si c’est pour rentrer à la maison et utiliser à foison son smartphone non plus comme un outil de travail mais comme un simple outil de communication avec toutes les dérives que l’on connaît, on perd notre temps ! Le but, c’est qu’ils utilisent aussi progressivement leur smartphone comme un vrai outil de travail." Le représentant de l’Athénée Léonie de Waha espère ainsi "apprendre aux élèves à maîtriser la technologie pour ne pas en devenir esclave."

Barbara Schaal

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