Libin 6890

À bûches ou à pellets, le feu au bois séduit un Belge sur dix

Pour résister au froid, un Belge sur dix se chauffe au bois.

Ce matériau gagne du terrain par rapport à d'autres combustibles comme le gaz ou le mazout. Un choix poussé par des raisons économiques, mais aussi écologiques: le bois est neutre en carbone. L'arbre qui pousse compense grâce à la photosynthèse les émissions de CO2 de celui qu'on brûle.

"Ces trois dernières années, nos ventes de poêles au bois et aux pellets augmentent d'environ 15% par an", constate Gaël Drappa, directeur d'une entreprise de poêlerie et cheminée à Strépy-Bracquegnies. "Avant, les feux au bois étaient davantage décoratifs et d'appoint. Aujourd'hui, ils peuvent suffire pour chauffer une maison, car les appareils sont plus performants et les logements mieux isolés".

L'allumage inversé

"L'avantage du pellet, c'est sa facilité d'utilisation et la possibilité de programmer la machine", explique M. Drappa. Le bois demande un peu plus de travail au quotidien, mais il crée une ambiance et un confort un peu supérieurs".

Dans la région de La Louvière, Liliane Vanhoutte chauffe la moitié de son rez-de-chaussée au bois. Elle vient d'acheter une nouvelle cassette et l'installateur lui enseigne l'art de l'"allumage inversé". "D'abord on place la bûche. Puis des bois plus petits. Et enfin les brindilles." Cette technique permet de diminuer la quantité de bois utilisée ainsi que les dégagements de fumées et les cendres produites.

L'affouage ou la grande loterie

Le bois utilisé ici a poussé au bout de son jardin. "Au début, on en achetait. Mais finalement, nos arbres ont grandi. Et tous les cinq ou dix ans, j'en coupe une partie. Ça me fait une belle réserve".

A Libin, dans la province du Luxembourg, presque tout le monde se chauffe au bois. Il faut dire que la commune offre l'opportunité à ses habitants d'en acquérir pour pas cher: 45 euros le lot de six stères (six mètres cubes) environ, à aller chercher sur place, dans la forêt. Ce régime s'appelle l'affouage. "Les gardes forestiers délimitent des lots. On tire au sort ces lots entre les participants et chacun va sur la parcelle qu'on lui a attribuée pour abattre les arbres ou ramasser le bois désigné", explique Antonio Pereira, habitant de l'entité.

Et les particules fines ?

Et cette loterie est parfois très favorable, précise un autre habitant, Albert Lejeune: "Vous avez minimum six stères, mais peut-être aussi huit ou neuf. Ça dépend sur quel lot vous tombez..."

Se chauffer au bois n'a pas que des avantages: quand il brûle, des particules fines polluantes s'échappent. Mais la technologie des nouveaux appareils permet de limiter ces émissions.

Pierre Wuidart

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